INFO FRANCEINFO. Traite des êtres humains, proxénétisme : dans l'affaire Epstein une association demande au procureur de Paris d'élargir l'enquête

Un appartement appartenant à Jeffrey Epstein, dans le 16e arrondissement de Paris.
Un appartement appartenant à Jeffrey Epstein, dans le 16e arrondissement de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

L'association de victimes Femmes libres espère "relancer le procureur de la République", et ce "devant l'absence d'avancée de l'enquête préliminaire ouverte le 23 août dernier" dans le volet français de l'affaire Epstein.

Dans le volet français de l'affaire Epstein, l'association de victimes Femmes libres a écrit au procureur de Paris, Rémy Heitz, lui demandant l'ouverture d'un réquisitoire supplétif notamment pour "traite des êtres humains", "proxénétisme" et "organisation de l'insolvabilité", a appris franceinfo qui a pu consulter le courrier envoyé par l'association. Avant son suicide dans sa cellule de la prison fédérale de Manhattan à New York le 10 août dernier, le financier américain Jeffrey Epstein était poursuivi aux Etats-Unis pour trafic sexuel et pédophilie.

"Le parquet a mis du temps à réagir"

Grâce à ce courrier, l'association espère "relancer le procureur de la République", et ce "devant l'absence d'avancée de l'enquête préliminaire ouverte le 23 août dernier" en France. En effet, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris notamment pour "viols", "viols sur mineurs de plus de 15 ans", "viols sur mineur de 15 ans", et "agressions sexuelles", "agressions sexuelles sur mineur de 15 ans". Selon l'association Femmes libres "le parquet a mis du temps à réagir" et estime que "cette réaction n'est pas à la hauteur de la gravité des faits". Femmes libres estime qu'il est temps "de dépasser le stade de l'enquête préliminaire" ouverte par le parquet afin d'ouvrir une instruction criminelle : "En effet, un juge d'instruction dispose de moyens d'enquête plus étendus qu’un procureur".

L'association de victimes Femmes libres réclame donc en premier lieu que l'appartement parisien du financier américain, situé avenue Foch, soit perquisitionné et que des scellés soient posés "afin de rendre impossible l'accès sans autorisation judiciaire". Le 30 août dernier, franceinfo révélait que le luxueux appartement de Jeffrey Epstein près de l’Arc de Triomphe avait été visité par son factotum à la demande du "trust" du multimillionnaire. "L'association s'étonne qu'aucune perquisition n'ait été organisée avenue Foch, permettant à l'ancien 'majordome' de pénétrer à l'intérieur. Pour faire le ménage ? Mais de quel ménage s'agit-il ?", se questionnent les avocats de l'association auprès de franceinfo.

Identifier les "rabatteurs" 

S'appuyant sur les documents rendus publics par la justice américaine, l'association indique que "des témoignages accusent M. Jeffrey Epstein d’avoir abusé de très jeunes Françaises de 12 ans qui lui avaient été envoyées comme 'cadeau d’anniversaire surprise' par Jean-Luc Brunel, de nationalité française". Voilà notamment pourquoi, "Femmes libres" réclame au procureur l'ouverture d'un réquisitoire supplétif pour traites des êtres humains, mais également pour proxénétisme "afin, écrit l'association, d'identifier les 'rabatteurs' qui sur le territoire français, à Paris ou à Saint-Tropez, 'fournissaient' Jeffrey Epstein en jeune fille".

Par ailleurs, Femmes libres juge "indispensable de procéder à une saisie conservatoire des parts" de la société civile immobilière qui détient l'immeuble de l'avenue Foch depuis la mort de Jeffrey Epstein et la découverte de son testament. En effet, en l'état, le fait que la SCI détienne cet immeuble d'une valeur de 7 à 9 millions d'euros "prive les victimes de toute possibilité d'être indemnisées", précise l'association. Selon celle-ci le parquet de Paris doit ouvrir un réquisitoire supplétif pour organisation de l’insolvabilité et la justice doit "rechercher les complices toujours vivants et les bénéficiaires réels des transferts d’actifs opérés par le testament".

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