Unie, la gauche portugaise renverse le gouvernement minoritaire de droite

(Le Parlement portugais refuse de voter la confiance au gouvernement le mardi 10 novembre 2015 ©maxPPP)

Onze jours après son entrée en fonction, le gouvernement portugais de centre-droit est contraint à la démission. Le Parti socialiste et la gauche antilibérale se sont alliées au Parlement pour refuser de voter la confiance à l'exécutif.

L'ensemble de la gauche portugaise, majoritaire au Parlement, a voté mardi une motion rejetant le programme du gouvernement de droite du Premier ministre Pedro Passos Coelho. L'ensemble du gouvernement a donc démissionné, à peine onze jours après son entrée en fonctions.

Le Parti socialiste, le Parti communiste portugais (PCP) et le Bloc de gauche comptent ensemble plus de députés au parlement que la coalition de centre droit, depuis les législatives du 4 octobre. Les députés de gauche ont rejeté par 123 voix, sur un total de 230 sièges, le programme présenté par le gouvernement conservateur. 

Une alliance inédite contre l'austérité

Fort d'une alliance inédite avec la gauche antilibérale, le Parti socialiste aspire à former le prochain gouvernement pour mettre un terme à la politique de rigueur budgétaire mise en oeuvre depuis 2011. Le résultat du scrutin du mois dernier constitue "une défaite de la politique d'austérité menée au cours des quatre dernières années", a affirmé le PS dans le texte adopté mardi. "Le programme de ce gouvernement n'apporte pas de réponse à la volonté de changement exprimée par les Portugais. Le Portugal a besoin d'un autre gouvernemen t", a affirmé le secrétaire général du PS Antonio Costa lors du débat précédant le vote.

 La balle revient ainsi dans le camp du président Anibal Cavaco Silva, chargé par la Constitution portugaise de désigner le chef du gouvernement. Conservateur, il a déjà émis de sérieuses réserves concernant un éventuel gouvernement d'union de la gauche. Mais nommer un nouveau gouvernement centriste ou de droite entrainerait très certainement une nouvelle situation de blocage politique au Parlement.