Une femme a donné naissance à un enfant après avoir subi une transplantation d'utérus, une première médicale

(De G à D), les médecins suédois Andreas G. Tzakis, Pernilla Dahm-Kähler et Mats Brannstrom, spécialistes de la greffe d\'utérus, le 18 septembre 2012 à Gothenburg.
(De G à D), les médecins suédois Andreas G. Tzakis, Pernilla Dahm-Kähler et Mats Brannstrom, spécialistes de la greffe d'utérus, le 18 septembre 2012 à Gothenburg. (ADAM IHSE / SCANPIX SWEDEN / AFP)

La maman est l'une des neuf Suédoises qui avaient bénéficié d'une greffe d'utérus de donneuse vivante en 2013. 

C'est une percée majeure dans la lutte contre l'infertilité. Pour la première fois au monde, une femme a pu donner naissance à un enfant après avoir subi une transplantation d'utérus, révèle, samedi 4 octobre, la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet (lien en anglais).

La mère, dont l'identité n'a pas été révélée, est une Suédoise de 36 ans, qui, en raison d'une affection génétique, était née sans utérus. Ella a accouché en septembre d'un garçon en bonne santé pesant 1,775 kg, après 31 semaines de grossesse. La mère est sortie de l'hôpital trois jours après l'accouchement et le bébé a quitté l'unité néonatale dix jours après sa naissance.

L'utérus d'une amie de la famille

Cette première a été réalisée par une équipe conduite par le professeur Mats Brännström, spécialiste de gynécologie obstétrique à l'université de Gothenburg, après plus de dix années de recherche. L'utérus qui a été transplanté sur la jeune femme provenait d'une amie de la famille âgée de 61 ans, ménopausée depuis sept ans lorsqu'elle a été opérée.

L'absence d'utérus "était le seul type d'infertilité féminine jusque-là considéré comme au delà des ressources thérapeutiques", soulignent les spécialistes à l'origine de cet exploit. Celui-ci offre un espoir aux femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfant parce qu'elles sont nées sans utérus ou qu'elles souffrent d'une malformation ou encore qu'elles ont subi une ablation de l'utérus en raison d'un cancer ou d'une hémorragie lors d'une précédente grossesse. Et pourrait éviter à certaines le recours à une mère porteuse.

Dix ans de recherches

Ce "succès est basé sur plus de dix ans de recherches intensives sur l'animal et d'entraînement chirurgical de notre équipe et il crée la possibilité de traiter bon nombre de jeunes femmes dans le monde qui souffrent d'infertilité utérine", explique dans la revue le Pr Brännström. Et de souligner : "Nous avons démontré la faisabilité de la transplantation de l'utérus d'une donneuse vivante, même lorsque cette dernière est ménopausée." 

La jeune femme traitée, dont les ovaires étaient intacts, était capable de produire des ovules qui ont été fécondés par les techniques de fécondation in vitro (FIV) avant la greffe. Ce qui a permis d'avoir onze embryons congelés. Une année après la transplantation de l'utérus, les chercheurs ont transféré un seul embryon dans l'utérus greffé, obtenant ainsi une grossesse. "Nous n'avons observé qu'un seul épisode de faible rejet durant la grossesse qui a été traité avec succès avec des corticostéroïdes", a encore souligné le gynécologue obstétricien. 

La maman est l'une des neuf Suédoises qui avaient eu une greffe d'utérus de donneuse vivante en 2013. Elle était atteinte comme sept d'entre elles du syndrome MRKH, qui conduit à l'absence, totale ou partielle, du vagin et de l'utérus. Une condition qui touche une femme sur 5 000 à la naissance.