Un millier de Koweïtiens ont manifesté mardi soir contre le Premier ministre et pour des réformes politiques

Manifestation anti-gouvernementale à Koweit City le 08 mars 2011
Manifestation anti-gouvernementale à Koweit City le 08 mars 2011 (AFP/YASSER AL-ZAYYAT)

Les manifestants se sont retrouvés sur un parking face au siège du gouvernement, qu'ils ont baptisé "Place du Changement". Ils exigent le départ du Premier ministre qui appartient à la famille des Sabah, au pouvoir depuis deux siècles et demi.Dix groupes rassemblant des islamistes, des libéraux et des nationalistes arabes appelaient à manifester.

Les manifestants se sont retrouvés sur un parking face au siège du gouvernement, qu'ils ont baptisé "Place du Changement". Ils exigent le départ du Premier ministre qui appartient à la famille des Sabah, au pouvoir depuis deux siècles et demi.

Dix groupes rassemblant des islamistes, des libéraux et des nationalistes arabes appelaient à manifester.

Devant une grande banderole où l'on pouvait lire "Un nouveau gouvernement, un nouveau premier ministre, une nouvelle attitude", les contestataires ont scandé "Le peuple veut l'arrêt de la corruption!" et "Dégage, dégage, Nasser!".

Un important dispositif de sécurité était déployé, alors qu'un hélicoptère survolait le lieu du rassemblement.

"Tout le monde ici veut changer de Premier ministre, parce qu'il n'a rien fait pour le pays au cours des cinq dernières années", déclarait un manifestant, Abou Khalid al Owaïhen. "Nous voulons un nouveau pays avec des hôpitaux, il y en a très peu et le niveau d'éducation est très faible."

Le Premier ministre, neveu de l'émir Sabah al Ahmad al Sabah, a déjà échappé à deux motions de censure au parlement depuis 2006. Les Sabah détiennent aussi tous les portefeuilles clés - Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Pétrole - et l'émir a le dernier mot sur toutes les questions politiques. Le Koweït, quatrième exportateur mondial de pétrole, possède le parlement le plus ouvert des pays du Golfe, mais les partis politiques n'y sont pas autorisés. Les élus ne représentent qu'eux-mêmes et s'allient au gré des événements.

Le quatrième producteur de l'OPEP a une population de quelque 3,5 millions d'habitants et compte seulement un tiers de nationaux.

Situation politique chaotique
Portant des banderoles appelant à la démission du gouvernement et la nomination d'un nouveau Premier ministre, ils ont juré de continuer leurs protestations jusqu'au départ du chef du gouvernement, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah.

Depuis sa nomination comme Premier ministre en 2006, cheikh Nasser a dû faire face à une opposition parlementaire incessante qui l'a contraint à dissoudre cinq des six cabinets qu'il a présidés. Le Parlement a été également dissous trois fois.

"Un Premier ministre qui a formé six cabinets sans avoir réalisé quoique ce soit doit partir... Nous voulons un nouveau gouvernement, un nouveau Premier ministre et une nouvelle stratégie", a dit un jeune manifestant. Son collègue a soutenu que "la corruption s'est aggravée sous le gouvernement de cheikh Nasser".