Ukraine : Washington hausse le ton et met en garde Moscou

(Reuters)

Au lendemain de l'assaut meurtrier de l'armée ukrainienne contre les séparatistes pro-russes, la tension restait toujours aussi vive. Les Etats-Unis ont sévèrement mis en garde la Russie, accusée de n'avoir pas pris "la moindre initiative" pour apaiser la situation.

John Kerry a haussé le ton jeudi soir. Le secrétaire d'Etat américain a accusé la Moscou de ne pas avoir "pris la moindre initiative " pour mettre en oeuvre l'accord conclu à Genève. Rien n'a été fait, selon lui, pour faire baisser la tension en Ukraine et la Russie a commis "une erreur coûteuse ".

Moscou fait "des efforts démesurés pour saboter activement le processus démocratique par le biais d'une campagne d'intimidation grossière " en Ukraine. Les nouveaux exercices menés à la frontière par l'armée russe sont "menaçants ", a-t-il poursuivi.

Ces manoeuvres, annoncées par le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, ont débuté jeudi soir en réponse à l'assaut meurtrier lancé par l'armée ukrainienne sur la ville de Slaviansk, assaut qui a fait cinq morts parmi les séparatistes, selon le gouvernement de Kiev. Les pro-russes ont parlé, eux, d'un mort et d'un blessé.

"Si le régime actuel à Kiev a vraiment commencé à utiliser l'armée contre la population dans le pays, c'est un crime très grave contre son propre peuple ", a lancé le président russe Vladimir Poutine. Il a averti que cette opération aurait "des conséquences pour les gens qui prennent ces décisions ".

Craintes d'une intervention militaire russe

La communauté internationale redoute une intervention militaire de Moscou dans l'est de l'Ukraine, à l'image de ce qui avait été fait en Crimée au mois de mars. Une escalade militaire que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à "éviter à tout prix ", redoutant "que la situation n'échappe à tout contrôle avec des conséquences imprévisibles ".

Les autorités ukrainiennes se sont retirées de la ville de Slaviansk jeudi soir, mais elles semblent toutefois déterminées à poursuivre leur offensive. "Nous n'allons pas reculer devant la menace terroriste ", a lancé le président par intérim, Olexandre Tourtchinov. "Nous exigeons que la Russie cesse de s'ingérer dans nos affaires intérieures, cesse le chantage et les menaces, et retire ses troupes de la frontière orientale de l'Ukraine ", a-t-il dit.

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Les Etats-Unis ont décidé de renforcer leurs forces dans la région en dépêchant 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes. Sur le front diplomatique, vendredi à Prague, des responsables d'Ukraine, de Géorgie, de Moldavie, d'Arménie, d'Azerbaïdjan, du Belarus et de l'UE célèbreront le 5e anniversaire du "partenariat oriental ", la politique de coopération de l'UE avec ces ex-républiques soviétiques, dont les faiblesses sont apparues au grand jour avec la crise ukrainienne.

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