Ukraine : statut quo sur tous les fronts

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La France s'est dite déterminée lundi à mettre en oeuvres des sanctions "fermes et graduées" contre la Russie, alors que les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis à Luxembourg. Sur le terrain, le gouvernement ukrainien n'a pas lancé l'offensive dont il avait menacé les manifestants pro-russes. Ces derniers se sont emparés de nouveaux bâtiments administratifs dans l'Est du pays.

Après un week-end de fortes tensions, les insurgés armés pro-russes sont repassés à l'offensive lundi dans l'Est de l'Ukraine. Les autorités ukrainiennes leur avaient fixé un ultimatum à lundi matin 8h, menaçant d'une "opération antiterroriste de grande envergure". L'ultimatum est arrivé à expiration, mais aucune offensive gouvernementale ukrainienne n'a été signalée.

Il faut dire que le président ukrainien Olexander Tourtchinov s'exposerait ainsi à une réaction militaire de la Russie. Un diplomate russe a évoqué le risque d'une guerre civile en Ukraine si le gouvernement mettait sa menace à exécution.

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Sur le terrain : de nouveaux assauts

Les pro-Russes ont continué lundi leurs assauts sur les villes de l'Est du pays, s'attaquant aux administrations. Au total, ils se sont emparés de bâtiments officiels et d'installations des services de sécurité dans une dizaine de villes depuis le dimanche 6 avril. Dernière en date, lundi, des centaines de manifestants pro-russes ont attaqué et pris les sièges de la police et de la municipalité à Gorlovka, localité de 250.000 habitants dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie.

Une centaine d'activistes ont également attaqué le siège de la police à Horlivka, ville de 300.000 habitants de l'est de l'Ukraine, a déclaré un témoin à Reuters. 

A Slaviansk, l'un des leaders pro-russe en a appelé lundi au président russe : "Nous demandons à la Russie de nous protéger et de ne pas permettre un  génocide de la population du Donbass (est de l'Ukraine). Nous demandons au  président Poutine de nous aider " a lancé Viatcheslav Ponomarev.

La Russie en sous-main ?

La question se pose d'ailleurs de savoir si les forces russes ne sont pas déjà présentes sur le terrain. Comme plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le président ukrainien Olexander Tourtchinov accuse la Russie de provoquer en sous-main les troubles dans l'est de l'Ukraine sur le modèle du scénario ayant conduit à son annexion de la Crimée à la suite de la destitution en février de Viktor Ianoukovitch.

Lundi, Berlin a indiqué qu'il voyait "de nombreux signes " d'un soutien de Moscou aux groupes armés en Ukraine. Aux Américains qui posaient aussi la question, la réponse du Kremlin n'a pas tardé : "En réponse aux préoccupations exprimées par le président américain  concernant une prétendue ingérence russe dans le sud-est de l'Ukraine, le président russe a observé que de telles spéculations étaient basées sur des  informations infondées ".

Front diplomatique : un sommet européen ? 

Les ministres des Affaires étrangères européens étaient réunis lundi à Luxembourg. Ils ont entériné le principe d'un élargissement des sanctions aux personnalités russes ou ukrainiennes qu'ils jugeront responsables de l'agitation en cours. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a indiqué qu'un sommet européen pourrait se tenir la semaine prochaine, pour discuter de nouvelles sanctions contre la Russie, si la réunion prévue jeudi n'est pas concluante.

Européens, Américains et Russes doivent en effet se rencontrer jeudi à Genève, pour tenter d'amorcer un dialogue entre l'Ukraine et la Russie. Lundi, François Hollande et Barack Obama ont exprimé un même "espoir " et indiqué qu'ils partageaient "la même inquiétude face aux évènements violents " de ces derniers jours. François Hollande ajoute dans un communiqué que la France est déterminée à "mettre en oeuvre avec ses partenaires européens une politique de sanctions  ferme et graduée ".

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