Turquie : une opposante meurt de faim en prison

Elle était le visage de la Turquie muselée par Recep Tayyip Erdogan. Ebru Timtik, avocate de 42 ans, est morte des suites de sa grève de la faim. Elle était devenue une icône dans la lutte pour les droits de l'homme.

Après 238 jours de grève de la faim, l'avocate Ebru Timtik s'est éteinte. Ses funérailles se sont déroulées sous haute tension, vendredi 28 août. À 42 ans, elle est morte de l'inaction d'un Etat répressif. Devenue une icône de la lutte de la défense des droits de l'homme en Turquie, mais ses clients, une mouvance d'extrême gauche, était qualifiés de "mouvance terroriste" par Ankara. En les défendant, elle a écopé de treize ans de prison. Un verdict qui sonne comme une injustice et une oppression auprès de l'un de ses anciens clients. "On lui reproche d'aimer les personnes qu'elle défend dans les tribunaux. Elle était poursuivie pour crimes par association. On l'accuse de ce qu'on accuse ses clients", estime Bahar Kimyongur.

337 000 procédures en six ans

Ses obsèques se sont déroulées en musique pour cette avocate qui s'est battue jusqu'au bout. Aujourd'hui, 1 500 défenseurs des droits de l'homme ont manifesté devant le Conseil de l'ordre pour ce combat perdu. Elle s'est éteinte jeudi 27 août, enchaînée à son lit pesant à peine 30 kg. En Turquie, ces arrestations et peines sont légions. 337 000 procédures ont été ouvertes ces six dernières années par une politique de la terreur.

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