Meetings interdits, "pratiques nazies", "despote du Bosphore" : vive tension entre l'Allemagne et la Turquie

Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan à Ankara (Turquie), le 2 février 2017
Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan à Ankara (Turquie), le 2 février 2017 (ADEM ALTAN / AFP)

Angela Merkel a appelé lundi Ankara à "garder la tête froide", après les propos polémiques de Recep Tayyip Erdogan. Le président turc avait dénoncé des "pratiques nazies" après l'annulation de plusieurs meetings de soutien en Allemagne.

C'est la petite phrase de trop. Dimanche 5 mars, en comparant l'annulation de plusieurs meetings de ses soutiens en Allemagne à des "pratiques nazies", Recep Tayyip Erdogan a fait scandale outre-Rhin. Lundi,  Andreas Scheuer, le secrétaire général du parti CSU, a fustigé les déclarations "du despote du Bosphore". Quant à Peter Altmaier, le chef de la chancellerie fédérale, il a dénoncé "des propos inacceptables et déplacés".

Erdogan veut se rendre en Allemagne pour sa campagne

"L'Allemagne n'a pas de leçon à recevoir de la Turquie en matière d'État de droit", a ajouté Peter Altmaier. En fin de semaine dernière, des autorités municipales allemandes ont interdit la tenue de meetings électoraux en faveur du "oui" au référendum du 16 avril sur l'extension des pouvoirs présidentiels turcs. Alors que d'autres meetings pourraient être annulés outre-Rhin, les autorités allemandes tentent d'éviter d'en venir à une solution radicale : interdire de territoire Recep Tayyip Erdogan et ses ministres.

"Personne ne m'empêchera" de venir faire campagne, a lancé dimanche le président turc, qui a bien l'intention de faire le déplacement en Allemagne. La communauté turque outre-Rhin représente 1,4 million d'électeurs potentiels.

De son côté, Berlin semble vouloir calmer le jeu. La chancelière Angela Merkel a appelé Ankara "à garder la tête froide". Le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, rencontrera cette semaine son homologue turc afin de trouver un terrain d'entente.

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