Turquie : le policier qui avait gazé "la femme en rouge" condamné à planter 600 arbres

Un policier turc asperge une manifestante de gaz lacrymogène sur la place Taksim à Istanbul (Turquie), le 28 mai 2013.
Un policier turc asperge une manifestante de gaz lacrymogène sur la place Taksim à Istanbul (Turquie), le 28 mai 2013. (OSMAN ORSAL / REUTERS)

Le tribunal d'Istanbul a reconnu le policier, identifié sous le nom de Fatih Z., coupable de "coups et blessures volontaires" et de "faute professionnelle", et lui a infligé deux peines de dix mois d'emprisonnement ferme, dont il a été immédiatement dispensé pour "bonne conduite" pendant son procès. 

Cette femme avait acquis une célébrité mondiale avec la publication d'une photo qui la montrait, vêtue d'une robe rouge, inondée à bout portant de gaz lacrymogène lors d'une évacuation musclée du parc Gezi d'Istanbul (Turquie), le 28 mai 2013. Le policier qui avait aspergé de gaz lacrymogène Ceyda Sungur, surnommée par certains médias "la femme en rouge", devenue icône de la fronde antigouvernementale, a été condamné mercredi 10 juin à vingt mois de prison, selon l'agence de presse Dogan.

Le tribunal d'Istanbul a reconnu le policier, identifié sous le nom de Fatih Z., coupable de "coups et blessures volontaires" et de "faute professionnelle", et lui a infligé deux peines de dix mois d'emprisonnement ferme. Il a été immédiatement dispensé de ces peines pour "bonne conduite" pendant son procès. Les juges l'ont également condamné à une peine plus inhabituelle : planter 600 arbres et veiller à leur croissance pendant six mois.

Les charges contre "la femme en rouge" abandonnées

Le mouvement de contestation sans précédent qui a visé Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre et aujourd'hui président, avait débuté fin mai 2013 par la mobilisation d'une poignée de militants écologistes hostiles à la destruction annoncée du parc Gezi, un jardin public qui surplombe la place Taksim d'Istanbul.

Leur évacuation musclée avait dégénéré en une vague de manifestations sans précédent, qui a mobilisé pendant trois semaines plus de trois millions de personnes exigeant la démission de Recep Tayyip Erdogan, accusé de dérive autoritaire et islamiste. La répression a fait au moins huit morts, plus de 8 000 blessés et a été marquée par des milliers d'arrestations. La "femme en rouge" avait été initialement inculpée de "provocation dans le but de désobéir à la loi", avant qu'un procureur ne renonce à ces poursuites quelques mois plus tard.

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