Le troisième pont d’Istanbul fait polémique en Turquie

Conçu par le Français Michel Virlogeux, le pont Sultan Yavuz Selim, long d’un kilomètre et demi, est l’ouvrage de tous les superlatifs avec ses piliers de 320 mètres (la hauteur de la Tour Eiffel), huit voies autoroutières et deux voies ferrées.
Conçu par le Français Michel Virlogeux, le pont Sultan Yavuz Selim, long d’un kilomètre et demi, est l’ouvrage de tous les superlatifs avec ses piliers de 320 mètres (la hauteur de la Tour Eiffel), huit voies autoroutières et deux voies ferrées. (SIPA)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan inaugure ce vendredi à Istanbul le troisième pont qui traverse le Bosphore entre l'Europe et l'Asie. Un projet "fou" contesté dans le pays.

C'est un projet "fou". L'expression est de Recep Tayyip Erdogan lui-même, pour qualifier le mégaprojet qu'il a initié à Istanbul. Ce troisième pont sur le Bosphore a créé la polémique dès le début. Jusqu'à son nom, celui du Sultan Selim 1er, connu pour avoir massacré la communauté alévie.

Les autorités assurent que le pont va soulager Istanbul de ses bouchons légendaires en absorbant le trafic des poids lourds en transit. Faux, répondent les détracteurs du projet, ce trafic représente à peine 3% de la circulation actuelle sur les deux ponts du Bosphore.

Le pont a été construit au cœur de la forêt d'Istanbul. C'est le dernier espace vert de la ville !Tayfun Kahraman (chambre des urbanistes d'Istanbul)franceinfo

Autre sujet d'inquiétude : l'environnement.  "Le pont a été construit au cœur de la forêt d'Istanbul. C'est le dernier espace vert de la ville ! Et en plus, cet endroit est le réservoir d'eau d'Istanbul. Ce sera de plus en plus difficile de respirer dans cette ville en perdant ces deux éléments. Et Istanbul devra se fournir en eau depuis l'extérieur. Une ville ne peut pas survivre s'il n'y a ni source d'eau, ni verdure", explique Tayfun Kahraman, de la chambre des urbanistes d'Istanbul.

Puisque la nature a horreur du vide, il est donc probable que cette région s'urbanise à grande vitesse. En conséquence, le troisième pont sur le Bosphore pourrait bien engendrer davantage de trafic automobile, ce trafic qu'il est justement censé résorber.