Ce que l'on sait de l'arrestation du principal suspect de l'attentat du Nouvel An à Istanbul

Le 3 janvier 2017, des Turcs déposent des fleurs en mémoire des victimes de l\'attentat commis dans une boîte de nuit d\'Istanbul, lors du réveillon du Nouvel An. 
Le 3 janvier 2017, des Turcs déposent des fleurs en mémoire des victimes de l'attentat commis dans une boîte de nuit d'Istanbul, lors du réveillon du Nouvel An.  (YASIN AKGUL / AFP)

L'auteur présumé de la tuerie dans la boîte de nuit d'Istanbul, qui a coûté la vie à 39 personnes, était en cavale depuis deux semaines.

L'auteur présumé de la fusillade du Nouvel an dans une discothèque d'Istanbul a été capturé dans la ville, ont annoncé lundi soir 17 janvier 2017 les autorités turques. Revendiqué par l'Etat islamique, cet attentat a fait 39 morts. Selon l'agence officielle Anatolie, le nom de l'homme arrêté est Abdulgadir Masharipov. Voici ce que l'on sait de son arrestation :

Où le suspect a-t-il été arrêté ? 

Selon la chaîne de télévision d'Etat TRT,  l'auteur du massacre de la Saint-Sylvestre a été retrouvé avec son fils de quatre ans dans un appartement du quartier d'Esenyurt, lors d'une opération policière. C'est la fin d'une cavale de quinze jours pour cet homme, activement recherché depuis l'attaque.

L'agence Dogan a publié une photographie de l'auteur présumé où il apparaît avec un oeil au beurre noir, une coupure à l'arcade sourcilière et des taches de sang sur le visage et sur son t-shirt. Sur une vidéo de l'agence, on peut voir un homme escorté par un policier en civil dans une voiture.

Les autorités avaient renforcé depuis l'attentat les contrôles aux frontières pour éviter que l'assaillant ne leur échappe et des informations laissaient entendre qu'il n'avait jamais quitté la ville.

Selon la chaîne TRT, le suspect résidait dans un appartement loué par un ressortissant kirghize à Istanbul, qui a été également arrêté.

Que sait-on de lui ?

L'homme d'origine ouzbèke a opéré, selon des médias, sous le nom d'emprunt d'Abou Mouhamed Horasani.

Selon l'agence progouvernementale Anadolu, le suspect se nomme Abdulgadir Masharipov. L'agence de presse Dogan a indiqué pour sa part qu'il utilisait comme nom de code Abou Mohammad Khorassani au sein du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Il avait déjà été identifié sous ce nom par les services de renseignement et la police anti-terroriste d'Istanbul comme un Ouzbek de 34 ans, faisant partie d'une cellule de l'EI en Asie, selon des articles parus dans la presse turque le 8 janvier. L'agence de presse Dogan a publié une photo du suspect, le visage ensanglanté et vêtu d'un T-shirt, fermement maintenu au cou par un policier.

Selon les médias turcs, l'assaillant était un tireur très bien entraîné qui avait combattu pour l'EI en Syrie et était devenu un expert en armes.

Plusieurs médias avaient aussi affirmé que le tueur présumé s'était installé en novembre à Konya (centre) avec son épouse et leurs deux enfants à son retour de Syrie afin de ne pas éveiller les soupçons.

Avait-il des complices ?

Abdulgadir Masharipov a été arrêté aux côtés d'un homme d'origine kirghize et de trois femmes originaires d'Egypte, du Sénégal et de Somalie dans le quartier d'Esenyurt, sur la rive européenne.

"Je félicite notre police qui a attrapé l'auteur du massacre d'Ortakoy", a déclaré Numan Kurtulmus, qui est également porte-parole du gouvernement, sur son compte Twitter. "Notre guerre contre la terreur et les pouvoirs à l'oeuvre derrière continuera jusqu'à la fin."

Selon l'agence progouvernementale Anadolu, cinq personnes ont été appréhendées dans l'opération de lundi soir, dont trois femmes. Le fils du suspect a été confié aux services sociaux.

Au moins 35 personnes avaient déjà été arrêtées en lien avec l'attentat avant cette opération policière, selon le décompte d'Anadolu.

Le suspect a été conduit au siège de la police stambouliote pour y être interrogé et d'autres opérations policières ont eu lieu dans la ville, ajoute Anadolu, sans donner plus de détails

Des dizaines de personnes ont été arrêtées en lien avec l'attaque qui a été revendiquée par l'organisation Etat islamique, parlant d'acte de vengeance contre l'engagement militaire de la Turquie en Syrie.

Le suspect est interrogé au quartier général de la police d'Istanbul, tandis que d'autres personnes arrêtées lors de raids parallèles sur des cellules islamistes ouzbèkes de la ville sont également en détention, rapporte Anatolie.

Que s'était-il passé lors de l'attentat ?

Au total, 39 personnes, dont une Franco-tunisienne, sont mortes dans cette fusillade revendiquée par l'Etat islamique, qui évoquait "un soldat héroïque du califat a frappé l'une des plus célèbres boîtes de nuit" dans un communiqué publié après l'attaque. Le gouvernement turc avait ensuite diffusé plusieurs photos du suspect. Et jeudi 12 janvier, un vice-Premier ministre turc avait déclaré que l'homme avait été localisé.

Il avait ouvert le feu sur des centaines de personnes qui célébraient le Nouvel An dans la discothèque branchée Reina, au bord du Bosphore, semant le chaos (39 morts dont 27 étrangers, notamment du Liban, d'Arabie saoudite, d'Israël, d'Irak ou du Maroc). L'attentat a été revendiqué par l'EI.

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