Le photojournaliste français Mathias Depardon va être expulsé de Turquie, après plus d'un mois de détention

Une photo du photojournaliste français Mathias Depardon, détenu en Turquie depuis le 8 mai 2017.
Une photo du photojournaliste français Mathias Depardon, détenu en Turquie depuis le 8 mai 2017. (CITIZENSIDE/ALPHACITIZENEYE ACE /AFP)

Installé dans le pays depuis cinq ans, il avait été arrêté le 8 mai alors qu'il réalisait un reportage pour le magazine "National Geographic". 

Après plus d'un mois de détention, le photojournaliste français, Mathias Depardon, va être expulsé de Turquie, vendredi 9 juin, où il était détenu depuis le 8 mai, a annoncé le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire. "Alerte RSF : Mathias Depardon est à bord d'un avion de Gaziantep à Istanbul, il devrait être de retour à Paris ce soir". Une information confirmée par une source proche du dossier à franceinfo. Le président de la République Emmanuel Macron a lui-même annoncé le retour du photojournaliste dès vendredi soir en France. 

Macron était intervenu auprès d'Erdogan

Le photojournaliste, âgé de 37 ans, avait été arrêté à un poste de contrôle dans la province de Batman où les affrontements entre les rebelles kurdes du PKK et les autorités turques se multiplient. Il avait ensuite été transféré dans un centre d'accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep. Les autorités turques le soupçonnent d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises au cours d'un reportage sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes).

Cette expulsion survient au lendemain d'une visite de la mère de Mathias Depardon dans le centre de rétention de Gaziantep. Le président français, Emmanuel Macron, avait demandé, le 3 juin, à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan le retour en France "le plus vite possible" de Mathias Depardon.

Ses avocats avaient par ailleurs réclamé, vendredi, une intervention de la Commission européenne pour mettre fin à la "détention arbitraire" du photojournaliste français.