La Turquie prépare de nouveaux forages en Méditerranée, la Grèce demande un sommet d'urgence de l'UE

Le navire turc \"Oruç Reis\" est escorté par des bateaux militaires turcs en mer Méditerranée, le 10 août 2020.
Le navire turc "Oruç Reis" est escorté par des bateaux militaires turcs en mer Méditerranée, le 10 août 2020. (MINISTRY OF NATIONAL DEFENSE / ANADOLU AGENCY / AFP)

Lundi, la Turquie a suscité l'ire d'Athènes avec l'envoi d'un navire d'exploration, escorté de navires militaires, chargé de mener des études sismiques dans une zone disputée entre les deux pays, en Méditerranée orientale.

Les tensions entre Ankara et Athènes s'aggravent. La Turquie a annoncé, mardi 11 août, qu'elle allait accorder des permis d'exploration et de forage dans de nouvelles zones de la Méditerranée orientale d'ici la fin du mois. Au même moment, la Grèce a affirmé qu'elle allait demander un sommet d'urgence de l'Union européenne consacré à cette bataille pour la souveraineté de plusieurs zones de la Méditerranée, dans lesquelles pourraient se trouver des réserves d'hydrocarbures.

Lundi, la Turquie avait déjà suscité l'ire d'Athènes avec l'envoi d'un navire d'exploration chargé de mener des études sismiques dans l'une de ces zones disputées, une décision jugée illégale par la Grèce. Dans la foulée, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, avait convoqué un Conseil de défense pour étudier une réplique éventuelle à cette "provocation" qui "menace la paix" dans la région.

Des navires militaires turcs mobilisés

La marine grecque a localisé ce navire, mardi, au sud-est de l'île de Crète. L'Oruç Reis est escorté par une flottille turque, sous la surveillance de bâtiments de guerre grecs. La Turquie a précisé que ce bateau procéderait à ses recherches du 10 au 23 août dans une zone située entre la Crète, dans le sud de la Grèce (en rouge ci-dessous), et Chypre, et au large de la ville turque d'Antalya.

"La Grèce défendra sa souveraineté et ses droits, a mis en garde le ministère grec des Affaires étrangères, mardi. Nous appelons la Turquie à quitter immédiatement le plateau continental grec."

Carte de la Méditerranée orientale, avec la Crète entourée en rouge.
Carte de la Méditerranée orientale, avec la Crète entourée en rouge. (GOOGLE MAPS)

La Turquie a déclaré que les nouveaux permis prévus dans les semaines à venir concerneraient des zones proches de la limite occidentale du plateau continental turc et qu'ils porteraient sur "toutes sortes d'activités sismiques et de forage".

L'UE se dit "extrêmement préoccupée"

"Cette situation doit être réglée dans un esprit de solidarité entre alliés et en accord avec les lois internationales", a réagi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. A Bruxelles, la Commission européenne a exprimé sa solidarité totale avec la Grèce et Chypre, en évoquant une situation "extrêmement préoccupante" et en appelant au dialogue. 

Dès dimanche, l'Union européenne avait dénoncé les mouvements "extrêmement préoccupants" de la marine turque en Méditerranée, après la signature d'un accord maritime entre l'Egypte et la Grèce. Cet accord vise à délimiter les frontières maritimes entre ces deux pays et semble être une réponse directe à un accord similaire conclu en novembre dernier entre la Turquie et le gouvernement officiel libyen.

Le pacte turco-libyen, aux termes duquel l'espace maritime de la Turquie est considérablement élargi, a suscité la colère de la plupart des Etats situés en Méditerranée orientale, à commencer par la Grèce. La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit des pays riverains comme la Grèce, Chypre, la Turquie, l'Egypte et Israël.

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