La Turquie, déjà victime d'une longue série d'attentats en 2015

Des Turcs assistent, le 17 octobre 2015, à une cérémonie à la mémoire des victimes des attentats d\'Ankara.
Des Turcs assistent, le 17 octobre 2015, à une cérémonie à la mémoire des victimes des attentats d'Ankara. (ADEM ALTAN / AFP)

A Istanbul, une puissante explosion a secoué mardi 12 janvier le quartier très touristique de Sultanahmet. Le bilan officiel est d'au moins 10 morts et 15 blessés.

Une puissante explosion, très probablement d'origine "terroriste" selon les autorités, a secoué mardi 12 janvier le quartier très touristique de Sultanahmet, près de la mosquée Bleue, à Istanbul (Turquie). Le bilan officiel est d'au moins 10 morts et 15 blessés.

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Alors que le président Erdogan est accusé de dérive autoritaire par ses opposants, plusieurs facteurs concourent à déstabiliser la Turquie, frontalière de la Syrie en guerre. Outre des menaces du groupe Etat islamique, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984. Retour sur les attentats qui ont secoué le pays en 2015.

Janvier : attentat à Sultanahmet, deux blessés

Le 7 janvier 2015, une kamikaze se fait exploser devant un poste de police sur le site touristique de Sultanahmet, sur le lieu même de l'explosion de mardi. Elle blesse deux policiers. L'attaque est attribuée à une organisation d'extrême gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières années.

Juin : explosion meurtrière à Diyarbakir, deux morts

C'est dans un climat politique crispé que se produit une double explosion le 5 juin à Diyarbakir (sud-est), à l'avant-veille des élections législatives. Deux attentats-suicides surviennent lors de la réunion du principal parti d'opposition kurde, faisant deux morts et une centaine de blessés. Les milliers de militants du parti FDP les attribuent à des proches du pouvoir.


Turquie : deux explosions mortelles à la veille des législatives

Juillet : attentat-suicide à Suruç, 28 morts

Le 20 juillet, vingt-huit personnes sont tuées et près d'une centaine sont blessées, lors d'un attentat-suicide qui frappe la ville de Suruç, non loin de la frontière syrienneLa déflagration s'est produite dans le jardin d'un centre culturel de Suruç, qui fait face à la ville syrienne de Kobané, d'où les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont été chassés en janvier après quatre mois d'intenses combats face aux milices kurdes de Syrie. "Les autorités turques ont de fortes raisons de croire que cette attaque terroriste a été perpétrée par EI", déclare un responsable turc s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Août : le consulat des Etats-Unis à Istanbul attaqué, trois morts

Istanbul est secouée, le 10 août, par deux attaques contre le consulat des Etats-Unis et un poste de police. Bilan : trois morts. Des attaques que le gouvernement attribue à un groupe d'extrême gauche et aux Kurdes du PKK.

Octobre : double explosion à Ankara, 103 morts

Un double attentat à la bombe fait 103 morts et près de 250 blessés, le 10 octobre au matin, lors d'une manifestation pour la paix rassemblant des militants de gauche et des sympathisants prokurdes devant la principale gare ferroviaire d'Ankara, la capitale turque. Cet attentat, perpétré à trois semaines des élections législatives anticipées, est le plus meurtrier jamais commis sur le sol turc.Les autorités l'attribuent au groupe jihadiste Etat islamique (EI). Le parti de gauche prokurde HDP, lui, met en cause le gouvernement.


La Turquie frappée par un double attentat

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