Tunisie : Sousse, destination toujours boycottée par les touristes

(Un an après l'attentat de Sousse, les touristes se font rares sur les plages des hôtels © Zohra Bensemra/Reuters)

Il y a tout juste un an, un djihadiste tunisien sortait une Kalachnikov d’un parasol sur une plage de Sousse dans l'est de la Tunisie. Trente huit touristes ont été tués. L’attentat, revendiqué par l’organisation Etat Islamique, reste le plus meurtrier de l’histoire du pays. Depuis, la fréquentation touristique a chuté de plus de 50%.

Un an après l'attentat de Sousse, la saison touristique s’annonce morose, malgré les dispositifs de sécurité déployés par les autorités pour rassurer. En plein mois de juin, plusieurs hôtels restent fermés dans la région de Sousse. Ceux qui sont en activité tournent au ralenti. A l’hôtel Hannibal Palace par exemple, seule une dizaine de chambres sont occupées sur 250.

"C'est un coup fatal et qui reste encore, il n'y a pas de reprise ", déplore Brahim Mamouri, le consultant commercial de ce quatre étoiles.

Trois fois moins de touristes français

Un an après l'attentat, la plupart des Européens ne sont pas revenus, en particulier les Britanniques, majoritaires parmi les victimes de l’attentat. Leur pays continue de déconseiller la destination. Ce n’est pas le cas de la France. L’an dernier, 500 000 touristes français se sont rendus en Tunisie. Même si ce chiffre est le plus élevé à l’échelle européenne, il est trois fois moins important qu’en 2010.

Résultat : la fréquentation s’annonce pour l’instant très basse cet été. En attendant des réservations de dernière minute, le constat est rude pour ce mois de juin. "Nous avons  9 000 touristes au mois  de juin, mais avant ils étaient 40 000 ", regrette Foued Eloued, commissaire régional au tourisme de Sousse. 

Sur ces 9 000 touristes présents dans la région, les deux tiers sont russes. L’an dernier, les touristes algériens avaient permis d’atténuer légèrement la chute brutale de fréquentation de la part des Européens. Outre la clientèle russe, c’est donc sur ce marché local, tunisien et algérien, que comptent aussi les commerçants et les hôteliers, mais sans beaucoup d’illusion.

Un an après l'attentat de Sousse en Tunisie, le reportage de Justine Fontaine
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