Tunisie : le Premier ministre annonce la dissolution du gouvernement

(Mohamed Hammi/Sipa Autre)

Le Premier ministre tunisien a annoncé mercredi soir la formation d'un "gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique", suite à la vague de violences déclenchée par l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd mercredi matin. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes causant la mort d'un policier, et des locaux d'Ennahda, parti islamiste au pouvoir, ont été saccagés ou incendiés. Un appel à la grève générale est lancé dès jeudi.

La réaction n'a pas tardé pour tenter de calmer la flambée de violence qui a secoué la Tunisie mercredi, suite au premier assassinat politique depuis la révolution de 2011 : celui de l'opposant Chokri Belaïd survenu mercredi matin. 

De nouveaux affrontements ont éclaté mercredi soir devant le ministère de l'Intérieur à Tunis. Un peu plus tôt, le Premier ministre, Hamadi Jebali, a annoncé la dissolution du gouvernement, dominé par son parti islamiste Ennahda, et la formation un cabinet d'union nationale.

Des élections "dans les plus brefs délais" (Le premier ministre tunisien)

"Après l'échec des négociations entre les partis sur un  remaniement gouvernemental, j'ai décidé de former une petite  équipe de technocrates ", a indiqué le Premier ministre tunisien. "J'ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu'à la tenue d'élections dans les plus brefs délais ", a-t-il dit lors d'une intervention télévisée, sans fixer de calendrier.

Un policier tué dans les affrontements

Des violences ont éclaté mercredi dans plusieurs villes du pays, suite à l'assassinat de l'opposant tunisien Chokri Belaïd. Des milliers de manifestants sont sortis dans les rues, s'opposant aux forces de l'ordre. Des bureaux du parti islamiste au pouvoir, Ennahda, ont été incendiés.

Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé qu'un policier de 46 ans a été tué lors des affrontements dans un quartier populaire à Tunis, "des suites d'une blessure à la poitrine provoquée par des jets de pierre ", précise un communiqué. Aucun autre bilan de ces affrontements n'a été annoncé pour le moment.

"Le 'dégage!' qu'on a dit à Ben Ali, maintenant on le dit à Ennahda" (Le frère de l'opposant assassiné)

Chokri Belaïd, critique acerbe du gouvernement, a été tué de plusieurs balles dans la tête en sortant de chez lui mercredi matin. Son inhumation est prévue vendredi après-midi.

"Le 'dégage!' qu'on a dit à Ben Ali,
maintenant on le dit à Ennahda
", déclare sur France Info le frère de l'opposant assassiné, Abdelmejib Belaïd. Quatre formations de l'opposition laïque -le Front populaire, Al-Massar (gauche), le Parti républicain et Nidaa Tounes (centre)- ont appelé à une grève générale le jour des funérailles, et suspendu leur participation à l'Assemblée nationale constituante. Plusieurs syndicats ont également appelé à un débrayage dès jeudi. 

"Le parti Ennahda est totalement innocent de l'assassinat de  Belaïd ", a martelé mercredi le chef du parti islamiste. Le chef de l'Etat tunisien, le président Moncef Marzouki, a écourté une visite qu'il effectuait au Parlement européen à Strasbourg, dénonçant une "tentative de déstabilisation " de son pays. Il a convoqué une réunion des hauts dirigeants politiques et sécuritaires.

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