Trois ministres tunisiens ont démissionné mardi alors que deux autres ont quitté le gouvernement la veille

Beji Caid Essebsi le 18 juin 2009 à Tunis
Beji Caid Essebsi le 18 juin 2009 à Tunis (AFP / Fethi Belaid)

Les ministres tunisiens de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim, et du Développement régional et local, Ahmed Néjib Chebbi, ont annoncé mardi avoir démissionné du gouvernement de transition.

Les ministres tunisiens de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim, et du Développement régional et local, Ahmed Néjib Chebbi, ont annoncé mardi avoir démissionné du gouvernement de transition.

Lundi, le ministre de la Planification et de la Coopération internationale, et le ministre de l'Industrie et de la Technologie ont présenté leur démission. Ils figuraient tous les deux dans le dernier gouvernement du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Dimanche, Mohammed Ghannouchi a dû démissionner sous la pression de la rue, laissant la place à Béji Caïd Essebsi, 84 ans.

Béji Caïd Essebsi, un proche de Bourguiba
Mohammed Ghannouchi a été emporté par 48 heures de contestations et de violences qui ont fait au moins 5 morts à Tunis, un mois et demi après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali.

Sous la longue présidence (1957-1987) du père de l'indépendance tunisienne Habib Bourguiba, Béji Caïd Essebsi a occupé notamment le poste de ministre des Affaires étrangères (1981-1986), de la Défense (1969-1970) et de l'Intérieur (1965-1969).

La puissante centrale syndicale tunisienne UGTT a pour sa part regretté une nomination "rapide et sans consultation" qui constitue une "surprise". Comment peut-on s'assurer l'entente souhaitée pour sortir la Tunisie de la situation difficile lorsque le président ne se donne pas au moins 24 heures pour des consultations sur la désignation d'un Premier ministre, quel qu'il soit?", s'est interrogé Ali Ben Romdhane, secrétaire général adjoint de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, a souhaité que le nouveau gouvernement conduise une "transition rapide et en douceur".

Pour Abdel Jalil Bedoui, conseiller de l'UGTT, le sit-in observé depuis une dizaine de jours sur la place de la Kasbah, siège du gouvernement à Tunis, et réclamant le départ de Mohammed Ghannouchi, devrait être levé.

Mohamed Ghannouchi a déclaré à l'occasion de sa démission: "Je ne serai pas le Premier ministre de la répression. Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes", a-t-il dit pour expliquer sa décision. Le 17 janvier, il avait formé un premier gouvernement dans lequel l'équipe sortante conservait les postes clés. Cinq ministres avaient démissionné dans les jours qui avaient suivi. Dix jours plus tard, il avait annoncé une nouvelle équipe de transition épurée des principaux caciques de l'ancien régime.

Le 25 février, une manifestation de masse, estimée à quelque 100.000 personnes, avait envahi le centre de Tunis pour réclamer le départ de son gouvernement. L'annonce de la tenue d'élections en juillet n'avait pas calmé les protestataires, dans un pays confronté à une situation économique difficile et à l'afflux de réfugiés de la Libye voisine.