Trois forts séismes ont secoué vendredi Concepcion, la ville la plus touchée par le tremblement de terre du 27 février

La ville de Juan Fernandez (sur les îles du même nom), rasée par le tusnami qui a suivi le séisme
La ville de Juan Fernandez (sur les îles du même nom), rasée par le tusnami qui a suivi le séisme (AFP - Felipe GAMBOA)

Elles ont provoqué des scènes de panique et l'effondrement de bâtiments dans la deuxième agglomération du Chili, selon les journalistes de l'AFP.De nombreuses répliques ont été enregistrées, depuis le tremblement de terre de samedi dernier, qui a dévasté le centre du pays et la côte pacifique et fait plus de 800 morts, selon le bilan officiel.

Elles ont provoqué des scènes de panique et l'effondrement de bâtiments dans la deuxième agglomération du Chili, selon les journalistes de l'AFP.

De nombreuses répliques ont été enregistrées, depuis le tremblement de terre de samedi dernier, qui a dévasté le centre du pays et la côte pacifique et fait plus de 800 morts, selon le bilan officiel.

Une première secousse d'une magnitude de 6,2 a réveillé les habitants de Concepcion à 6h20. A 8h47, c'est un séisme de 6,8 qui a de nouveau secoué la ville, suivi, quatre minutes plus tard d'une troisième réplique de 6,6.

Ces dernières répliques n'ont causé "ni victimes ni dégâts matériels", selon le Bureau national des urgences chilien. Mais des journalistes de l'AFP ont vu des bâtiments endommagés s'effondrer complètement.

Deuil national
Le Chili a décrété jeudi trois jours de deuil national dès dimanche et commencé à évaluer le coût de la reconstruction.

Le gouvernement a communiqué une liste de 279 morts "pleinement identifiés" alors que le séisme et le tsunami du 27 février ont fait 802 morts, selon un dernier bilan.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est attendu vendredi pour une visite de deux jours. Il se rendra à Concepcion et Talcahuano et rencontrera la présidente et son successeur.

Le chef de l'ONU arrivera dans un pays encore en proie à de régulières secousses sismiques. Une réplique de magnitude 6,3 avait secoué jeudi la ville de Calama, dans l'extrême nord du pays.

La reconstruction du Chili prendra au moins "3 ou 4 ans" et devra être financée par des crédits à l'international, a déclaré jeudi la présidente chilienne Michelle Bachelet. Evoquant des dégâts d'une ampleur "gigantesque" et un tremblement de terre "dévastateur", elle a expliqué: "nous allons solliciter des crédits à la Banque mondiale et autres institutions".

Séisme: un bilan économique

Le coût des dégâts pourrait atteindre 15 milliards de dollars, selon Air Worldwide, une société d'évaluation des risques. Le séisme a détruit ou endommagé 1,5 million de maisons, des routes et des ponts routiers, portant un rude coup aux infrastructures du pays.

Le président Pinera, qui doit prendre ses fonctions dans deux semaines, aura relever ce premier défi de la reconstruction. Pendant la campagne, il s'est engagé à relancer l'économie, tablant sur une croissance de 6% par an, et à créer un million d'emplois. Mardi, il a assuré que ces objectifs restaient d'actualité.

Le gouvernement prévoit une croissance économique comprise entre 4,5 à 5,5% cette année. Le FMI a d'ailleurs déclaré jeudi que le séisme ne devrait pas avoir a priori d'effet majeur sur la croissance du pays. Explications de Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du Fonds: "Du fait de la force de l'économie préalablement au séisme" et du fait que celui-ci a touché surtout "des zones de production du Nord et du Centre" du pays, son "effet sur le PIB pourrait ne pas être très important.".

L'état d'exception pendant 30 jours
Michelle Bachelet a déclaré le 28 février "l'état d'exception" dans les deux régions les plus affectées par le séisme. Cet "état d'exception de catastrophe", synonyme de suspension de libertés constitutionnelles, restera en vigueur pendant 30 jours dans les régions de Maule et de Biobio et a pour objectif de "garantir l'ordre public et d'accélérer la distribution de l'aide", a précisé la présidente.

14.000 militaires ont été déployés dans les zones sinistrées pour maintenir l'ordre et participer à la distribution de l'aide.

Le couvre-feu, déjà appliqué à Concepcion, Talca, Cauquenes et Constitucion a été étendue à Curico, Molina et Sagrada Familia mercredi. Cette mesure fait suite à la multiplication de scènes de pillage, alors que des milliers de personnes s'organisaient en groupes d'autodéfense.

Séisme et raz-de-marée

L'épicentre de la première secousse (8,8 sur l'échelle de Richter) a été localisé à une centaine de kilomètres au nord de la ville chilienne de Concepcion (500.000 habitants), à 100 km au sud-ouest de Talca et à plus de 400 km au sud de la capitale Santiago. La secousse, ressentie jusqu'en Argentine, a été forte dans la capitale chilienne, qui a tremblé et a ensuite été plongée dans le noir.

Des dizaines de répliques de magnitude supérieure à 5 ont été ressenties depuis le 27 février. Les régions côtières de Concepcion et du Maule concentrent la grande majorité des victimes du séisme.

Le Maule, à plus de 300 km au sud de la capitale Santiago, a été touchée par un raz-de-marée après le tremblement de terre de magnitude 8,8. L'écrasante majorité des victimes, 90%, ont été tuées dans leur sommeil, surprises dans leur lit.

Le gouvernement chilien, par la voix de son ministre de la Défense, a admis dimanche ne pas avoir suffisamment anticipé le tsunami. Des vagues allant de 3 à 6 mètres de hauteur ont été enregistrées dans certaines villes côtières du Chili provoquant des victimes, notamment à Dichato, une ville de pêcheurs de 7.000 habitants quasiment rasée de la carte par trois vagues géantes. De nombreuses autres villes le long de la côte ont connu le même sort. Quelque 350 personnes ont été tuées par le séisme et les vagues géantes qui ont suivi dans la seule ville de Constitucion. Dans l'île de Robinson Crusoë, située à 700 km des côtes et dont la partie basse a été submergée, au moins cinq personnes ont péri et 11 sont portées disparues.

A la suite du séisme au Chili, des vagues de tsunami ont traversé l'ensemble de l'océan Pacifique, mais aucune victime, ni aucun dégât important n'a été signalé dans les pays concernés.

Vous êtes à nouveau en ligne