Prison : le premier quartier d'évaluation de la radicalisation a ouvert, à Osny, dans le Val-d'Oise

La prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 31 octobre 2013.
La prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 31 octobre 2013. (ERIC FEFERBERG / AFP)

A terme, six structures de ce type vont ouvrir en France. "Le but est d'évaluer la dangerosité et le degré ou le risque de radicalisation des détenus, avant leur prise en charge", indique le ministère de la Justice.

Isoler les candidats au jihad et mieux évaluer leur dangerosité. C'est l'objectif assigné aux six quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER) prévus dans les prisons françaises, dont le premier a ouvert, jeudi 23 février, au sein de la maison d'arrêt d'Osny, dans le Val-d'Oise. Une ouverture discrète puis confirmée par le ministre de la Justice, lundi 27 février. 

"Ce premier QER, de 23 places, a accueilli ses premiers détenus. Conformément au plan annoncé en octobre par le garde des Sceaux, il y aura à terme six QER. Le but est d'évaluer la dangerosité et le degré ou le risque de radicalisation des détenus, avant leur prise en charge", a-t-on indiqué au ministère de la Justice. Le quartier ouvert à Osny jeudi a accueilli cinq premiers détenus, quatre hommes de retour de Syrie et un Tchétchène, selon une information du Parisien confirmée à l'AFP de source syndicale. 

"L'administration n'a pas pris la mesure de la dangerosité" des détenus admis en QER, a pourtant déploré Jérôme Nobécourt, délégué régional FO. Même si des travaux ont été faits, avec davantage de caméras de vidéosurveillance et la sécurisation de la cour de promenade, le délégué syndical regrette que les couverts en métaux n'aient pas été remplacés par des couverts en plastique, comme cela avait été le cas après l'agression en septembre de deux surveillants par un détenu avec un couteau artisanal fabriqué avec un morceau de métal. Le syndicat réclame des "établissements spécifiques" pour ces détenus "à profil terroriste". FO prévient qu'il sera "vigilant" sur le suivi de la situation dans ces quartiers.

A terme, 120 détenus dans ces quartiers spécialisés

A la chancellerie, on explique que ces quartiers sont précisément consacrés à une "évaluation": "A terme, les QER compteront 120 détenus au total, pour une période maximale de quatre mois." Ensuite, les détenus pourront éventuellement être aiguillés vers l'un des 27 établissements où sera mise en place une "prise en charge spécifique". Un dispositif spécial, d'une centaine de places au total, sera mis en place pour les femmes radicalisées, avec une évaluation organisée à Fleury-Mérogis (Essonne).

Le 25 octobre 2016, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait annoncé un changement de cap dans la lutte contre la radicalisation violente, avec la suppression des unités consacrées à la "déradicalisation". Etaient annoncées la création de six QER –deux à Fleury-Mérogis, un à Fresnes et un à Osny, en lieu et place des "unités dédiées", ainsi qu'un à Marseille et un à Bordeaux– et de six QVD ou "quartiers pour détenus violents". Le gouvernement envisageait de placer 290 détenus aux profils particulièrement inquiétant dans ces QVD, en mobilisant les places existantes dans des quartiers d'isolement, avec un régime de détention durci (fouilles fréquentes, changement de cellule...).