Des patrouilles mobiles pour renforcer la sécurité des écoles à la rentrée

Des gendarmes en patrouille, le 10 novembre 2014, à Saint-Denis, en région parisienne.
Des gendarmes en patrouille, le 10 novembre 2014, à Saint-Denis, en région parisienne. (THOMAS SAMSON / AFP)

A une semaine de la rentrée, le ministre de l'Intérieur annonce que des policiers vont patrouiller près des établissements scolaires, en raison de la menace terroriste.

Avec la rentrée la semaine prochaine et la recrudescence des attentats, la sécurité des 64 000 établissements scolaires de France promet d'être un casse-tête. Prenant les devants, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, mercredi 24 août, un renforcement des mesures de sécurité. 

Des patrouilles mobiles seront déployées toute l'année compte tenu de la menace terroriste, a annoncé le ministre. Plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie nationale seront mobilisés pour la rentrée le 1er septembre, a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse conjointe avec la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

50 millions supplémentaires pour aider les collectivités

"Tout au long de l'année, une attention particulière sera portée aux abords des établissements", a ajouté Bernard Cazeneuve. La "surveillance dynamique à proximité des écoles, collèges, lycées et universités sera renforcée par des patrouilles mobiles" en lien avec les polices municipales, a-t-il précisé. Les préfets doivent également réunir à la rentrée "un état-major départemental de sécurité" consacré à la protection de l'espace scolaire. "Ils se rapprocheront également des collectivités territoriales, propriétaires des infrastructures."

La ministre de l'Education a précisé, de son côté, que 50 millions d'euros supplémentaires seront débloqués pour aider les collectivités locales à effectuer les travaux de sécurisation d'urgence des établissements scolaires. Les mairies sont en effet responsables des bâtiments en ce qui concerne les écoles. Les départements doivent se charger des collèges et, les régions, des lycées.

Des dispositions déjà prises

Déjà, pendant l'été, une circulaire datée du 29 juillet adressée aux préfets et aux recteurs énumérait plusieurs dispositions, qui s'ajoutaient à de précédents textes publiés après les attentats du 13 novembre. Dans cette circulaire, les ministres de l'Education et de l'Intérieur qualifient de "priorité absolue" la sécurité des établissements scolaires. "Les récents attentats et le contexte de menace terroriste imposent une vigilance renforcée et nécessitent d'assurer, sur l'ensemble du territoire, la mise en oeuvre effective des mesures particulières de sécurité."

Le gouvernement veut rassurer parents, élèves et enseignants. Les enseignants font partie des nombreuses cibles citées par le groupe Etat islamique (EI). Dans un numéro de novembre 2015, Dar-Al-Islam, la revue francophone de propagande de l'EI, appelait à "combattre" et à "tuer" les fonctionnaires de l'Education nationale, "des ennemis d'Allah" qui "enseignent la laïcité" et sont "en guerre ouverte contre la famille musulmane". Francette Popineau, la nouvelle co-secrétaire générale du premier syndicat des enseignants du primaire, le SNUipp, estime néanmoins qu'"il faut trouver le juste équilibre et ne tomber ni dans le déni ni dans la psychose". Pour elle, "il faut rassurer la communauté éducative, mais ne pas mettre l'accent uniquement là-dessus".

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