Une nouvelle force arabo-kurde en Syrie pour regagner l’aide de Washington

Combattante du YPG, branche armée du parti kurde de Syrie, faisant une pause dans les combats, le 4 septembre 2015, sur la ligne de front au nord de la ville de Hassakeh.
Combattante du YPG, branche armée du parti kurde de Syrie, faisant une pause dans les combats, le 4 septembre 2015, sur la ligne de front au nord de la ville de Hassakeh. (AFP PHOTO / DELIL SOULEIMAN)

Une nouvelle force militaire regroupant la milice kurde YPG et des groupes rebelles arabes, dont des chrétiens, vient de voir le jour en Syrie. La création des «Forces démocratiques de Syrie» intervient au lendemain de l’annonce par Washington d’une réduction de son programme d’entraînement des rebelles. Elle pourrait relancer le soutien américain et l’exaspération d’Ankara par la même occasion.


Menacée d’une réduction du programme de soutien américain aux groupes syriens anti-Daech en raison de résultats désastreux sur le terrain, la rébellion syrienne s’est ressaisie dans le nord.
 
Le porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde syrienne et bras armé du Parti de l’union démocratique (PYD), a annoncé la création officielle d’une nouvelle alliance militaire baptisée les Forces démocratiques de Syrie (FDS).
 
Dans son communiqué, la milice Kurde explique que «les rapides développements dans les domaines politique et militaire nécessistent la constitution d’une force nationale unie pour tous les Syriens, incluant des Kurdes, des Arabes, des Syriaques et tous les autres.»

Une nouvelle alliance de Kurdes, Arabes et chrétiens
Outre les combattants du YPG, cette nouvelle coalition inclut donc des rebelles syriens qui les ont soutenus jusque là  dans la lutte contre l’Etat Islamique : le groupe majoritairement arabe Burkan al-Furat (le volcan de l’Euphrate) ainsi que des groupes représentant des tribus arabes et des chrétiens syriaques.
 
Washington, qui avait soutenu la milice kurde par des frappes aériennes contre les attaques de l’EI à Kobané et Tall Abyad dans le nord, a reconnu que sa tentative de former et équiper quelque 5000 rebelles syriens avait lamentablement échoué.
 
Ce programme, doté de 500 millions de dollars et lancé au début de l’année, n’avait permis que la formation de deux groupes de quelques dizaines de combattants chacun. En juillet 2015, le premier groupe avait été intercepté par le groupe al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, dès son entrée sur le théâtre des opérations.

Etre une alternative crédible pour le pentagone 
Issues de la diversité de la société syrienne, les Forces démocratiques de Syrie pourraient constituer une alternative crédible pour le Pentagone et bénéficier du programme d’aide revu et corrigé.
 
En effet, la défense américaine qui avait cherché jusque là à créer des unités d’infanteries envisage désormais «de fournir des équipements et des armes à des chefs de groupes sélectionnés et leurs unités pour qu’ils puissent mener des attaques concertées sur le territoire syrien toujours contrôlé par le groupe de l’EI.»
 
«Nous surveillerons la progression de ces groupes et nous leur procurerons un soutien aérien pendant leur combat» a encore précisé le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

Un recentrage stratégique qui peut déplaire à Ankara
Un recentrage stratégique, favorable aux Kurdes, qui risque d’exaspérer un peu plus le pouvoir turc. Pour Ankara, en effet, l’YPG n’est que la branche syrienne du PKK, une «organisation terroriste» avec laquelle elle est en guerre.

Autre handicap, le programme américain d’entraînement des rebelles demandait aux groupes formés de se battre exclusivement contre le groupe de l’EI et non contre le régime de Bachar al-Assad.
 
Maintenir cet impératif risquerait de limiter le nombre de recrues prêtes à combattre dans les rangs de la nouvelle formation.
 
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