Syrie : dans une prison kurde, les jihadistes étrangers de Daech pensent au jugement ou à la revanche

franceinfo

Une équipe de France Télévisions s'est rendue en Syrie dans une prison kurde, où des jihadistes français et étrangers sont détenus. Certains ne regrettent rien.


Dans une prison du nord-est de la Syrie, à Hassaké, des centaines de combattants étrangers de Daech, que l'Europe ne veut pas voir revenir, sont entassés. Impossible de rencontrer les Français, tenus à l'écart à la demande des autorités françaises. Ce sont des hommes affaiblis, mais aux convictions intactes. Ils ont défendu jusqu'au bout leur califat autoproclamé. Daniel D., un Suisse converti de 25 ans, est parti rejoindre Daech il y a cinq ans. Il affirme sans surprise ne pas avoir combattu. "J'ai tué personne, que ça soit en Europe ou ici. Je n'ai pas trop de regrets et au contraire, je me suis marié en fait. C'est pas tout le monde qui est terroriste", assure-t-il. Cet apprenti maçon figure toutefois sur la liste des terroristes les plus recherchés d'Interpol.

Aseel Muthana, 22 ans, est un ancien vendeur de glace britannique considéré comme dangereux. L'ONU l'a placé sur la liste noire des terroristes. Il affirme que les prisonniers préfèrent être jugés dans leur pays qu'ils considéraient comme ennemi plutôt que de rester en prison. Il y a déjà eu plusieurs tentatives mutineries, surtout depuis l'offensive turque contre les combattants kurdes débutée mi-octobre. Des cellules locales de Daech rôdent autour des prisons et signalent leur présence avec, par exemple, des tirs de mortier.

"C'est mauvais de nous laisser" en Syrie

Dans la promiscuité et l'insalubrité des cellules, la faim accentue la haine. La rupture avec le reste du monde décuple les envies de revanche. C'est ce que laisse entendre Kasper M., un maçon danois converti âgé de 28 ans : "C'est mauvais de nous laisser ici parce qu'on est des milliers. Si on ne nous ramène pas chez nous, on se retrouvera tôt ou tard hors de la prison et on se regroupera peut-être pour recommencer".

Les forces kurdes qui détiennent ces prisonniers sont sur le qui-vive : des renseignements font en effet état d'un projet d'évasion collective organisée depuis la Turquie par le groupe État islamique.

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