"Nous sommes indignés par la passivité de la France" : 44 rescapés des attentats du 13-Novembre appellent à défendre les Kurdes en Syrie

Une manifestation de soutien aux Kurdes de Syrie, le 12 octobre 2019 à Paris, quelques jours après le lancement d\'une offensive de la Turquie dans le Nord syrien.
Une manifestation de soutien aux Kurdes de Syrie, le 12 octobre 2019 à Paris, quelques jours après le lancement d'une offensive de la Turquie dans le Nord syrien. (JULIETTE PAVY / AFP)

Ils disent notamment craindre que l'offensive de la Turquie permette à des jihadistes français prisonniers de s'échapper. "Combien de temps leur faudra-t-il pour frapper à nouveau ?", se demandent-ils.

Plus de trois semaines après le début de son offensive, la Turquie semble avoir durablement délogé les Kurdes du nord de la Syrie. Une situation dont s'émeuvent 44 rescapés des attentats terroristes du 13-Novembre : dans un appel publié par Le Parisien, jeudi 31 octobre, ils déclarent "[leur] soutien et [leur] solidarité aux populations du nord de la Syrie", qui ont combattu le groupe Etat islamique, et demandent à la France et à la communauté internationale de faire de même.

"Quand en 2015 nous avons été attaqués, dans nos villes et dans nos rues, quand nous comptions nos morts, ces Kurdes, Arabes, Yézidis, Turkmènes, Assyriens, luttaient ensemble contre Daech, ennemi de l’humanité", écrivent ceux qui se sont constitués en un Collectif des 44.

"Notre paix, nous estimons la devoir à leur combat"

Ces survivants du 13-Novembre rappellent que les troupes kurdes étaient "en première ligne, au sol, à Raqqa d’où avaient été organisés les attentats de Paris", notamment. "Notre paix, quelle qu’elle soit, nous estimons la devoir à leur combat", poursuivent-ils.

Ils disent également redouter que le retrait des Kurdes permette "l’évasion de centaines de terroristes et, parmi eux, nous le craignons, les djihadistes français les plus dangereux. Combien de temps leur faudra-t-il pour frapper à nouveau ?"

Les auteurs du texte se disent "indignés par la passivité de la France et de la communauté internationale", et les somment d'agir : "Nous appelons tous les chefs d’Etat d’Europe et du monde, qui en 2015 avaient dit ensemble Plus jamais ça !, à prendre à nouveau ensemble, et avec le plus grand discernement, leurs responsabilités face à l’Histoire, qui ni n’oublie, ni ne pardonne."

Mercredi, l'Assemblée nationale française avait adopté à l'unanimité une proposition de résolution non-contraignante condamnant l'offensive militaire turque, et affirmant "son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)", principalement composées des Unités de protection du Peuple (YPG) kurdes. Le Sénat avait voté une résolution similaire la semaine précédente. Jeudi, la Turquie a convoqué l'ambassadeur de France à Ankara en protestation de ces résolutions.

Vous êtes à nouveau en ligne