Assad et Daech accusent la France d’être responsable des attaques à Paris

Des militaires français déployés près de la salle de concert du Bataclan au moment de l\'attaque djihadiste le 13 novembre 2015 à Paris.
Des militaires français déployés près de la salle de concert du Bataclan au moment de l'attaque djihadiste le 13 novembre 2015 à Paris. (AFP/CITIZENSIDE/ANTHONY DEPERRAZ)

Véritable acte de guerre terroriste contre la France, le carnage de civils dans l’Est parisien a été revendiqué par l’organisation djihadiste de l’Etat islamique comme réponse à la politique française en Irak et en Syrie. Même accusation de la part du président syrien qui estime toutefois à l’inverse, que c’est la politique française au Moyen-Orient qui a contribué à «l’expansion du terrorisme».

De source policière française, la découverte d’un passeport syrien près du corps d’un des assaillants, «aguerris et parfaitement entraînés», lors des attaques  meurtrières du 13 novembre au soir dans la capitale française, orientent les enquêteurs vers la piste syrienne.

Des kamikazes jeunes, sûrs d'eux-mêmes et entraînés en Syrie 
Selon les premiers éléments, qui «restent à affiner», il s’agit de kamikazes «assez jeunes et sûrs d’eux» et la question de leur entraînement ainsi qu’un éventuel séjour en zone de Djihad, notamment en Syrie, s’est «assez rapidement» posée.
 
Une piste confortée par la revendication du carnage, dans «des endroits choisis minutieusement à l’avance au cœur de la capitale française», par l’organisation de l’Etat islamique.
 
«La France et ceux qui suivent sa voie doivent savoir qu’ils restent les principales cibles de l’Etat islamique… pour avoir insulté notre prophète et pour leurs frappes contre les musulmans en terre de califat »,  indique le communiqué de Daech.

Outre la référence aux caricatures de Mahomet dans l’hebdomadaire satirique Charlie, l’organisation djihadiste affirme vouloir ainsi faire payer à la France les bombardements de ses positions à Raqqa et Deir ez-Zor en Syrie par l’aviation française.

Bachar al-Assad accuse la France de «l'expansion du terrorisme» 
Même critique acerbe de la politique française au Moyen-Orient, mais dans la bouche du président syrien cette fois-ci. Bachar al-Assad a condamné les attentats de Paris tout en accusant «les politiques erronées adoptées par les pays occidentaux, notamment la France » d’avoir contribué à l’expansion du terrorisme.
 
Recevant une délégation française dirigée par le député Thierry Mariani, le président syrien, engagé depuis cinq ans dans une répression féroce du soulèvement de sa population, en a profité pour inverser la donne. «La France a connu hier ce que nous vivons en Syrie depuis 5 ans» a-t-il dit, ajoutant « nous sommes prêts à combattre le terrorisme avec ceux qui le veulent vraiment et jusqu’ici le gouvernement français n’est pas sérieux.»
 
Si, en réaction aux attaques terroristes à Paris, les défenseurs du régime syrien reprennent ces arguments en boucle sur les réseaux sociaux, d’autres se sont efforcés de republier une vidéo qui prend aujourd’hui une valeur quasi-prémonitoire de la situation.

La mise en garde prémonitoire de Cheikh Hassoun aux occidentaux 
Dès le 10 octobre 2011, le grand Mufti de Syrie, cheikh Ahmad Badreddine Hassoun, plus haute autorité religieuse musulmane du pays et caution sunnite pour le régime alawite et ses exactions, adressait une sévère mise en garde aux Occidentaux s’ils s’aventuraient à attaquer la Syrie

 
«Sitôt les premières roquettes tirées contre la Syrie ou le Liban, chacun de leurs fils et filles s’élanceront en candidats au martyr sur les terres d’Europe et de Palestine » menaçait-il, préciant déjà : «et je le dis à toute l’Europe et à l’Amérique, les candidats au martyrs sont déjà chez vous, au cas ou vous frapperiez la Syrie ou le Liban. Après ce jour, ce sera œil pour œil et dent pour dent.» 
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