A Damas, les jardins publics pour oublier la guerre

Des Syriens se détendent dans un jardin public de Damas, le 3 septembre 2013.
Des Syriens se détendent dans un jardin public de Damas, le 3 septembre 2013. (AFP/Louai Beshara)

Un coin vert dans le quartier central de Salhiyé. Cet endroit, où les habitants de Damas se promenaient librement avant le conflit, est désormais transformé en café nocturne à ciel ouvert. Les familles damascènes y tentent, sous haute sécurité, d'oublier la guerre autour d'un narguilé.

«Chez moi, je m'énerve et je m'angoisse à regarder les nouvelles. Je viens ici pour respirer.» Oum Sami sourit derrière ses petites lunettes et son voile blanc pendant que le bruit des bombardements résonne au loin. «Quand je vois tous ces gens, je n'ai plus peur», ajoute-t-elle en désignant le monde attablé autour des tables en plastique et les vendeurs de café. Le jardin d'Anous vibre au rythme de la musique orientale populaire et bruisse des conversations des familles. Une atmosphère qui lui donne un petit air de kermesse.

Les habitants de la capitale syrienne se sont repliés sur les jardins publics du centre ville faute de pouvoir, comme par le passé, partir pour le week-end dans les vergers de la Goutha orientale aujourd'hui synonymes de danger et d'attaque chimique.

Tous ces jardins de Damas sont protégés par des militaires et des hommes de sécurité. Pour les badauds, leur présence est réconfortante. «Je viens ici chaque jour et je suis tranquilisée, car l'armée est partout», affirme avec un grand sourire Rouqayya al-Zayyat, vêtue de noir. «C'est là où on se sent le plus en sécurité», renchérit Samar, venue avec sa mère et ses petites filles. «On change d'ambiance. En plus, c'est moins cher que les cafés.» «On y passe des heures pour défier la guerre», lance Wassim tout en fumant le narguilé.

Le défi est également lancé aux militants anti-régime quand retentit, sur un air disco, les chansons en vogue dans le milieux pro-Assad: «Le peuple syrien dans les places est en train de crier/Nous sommes tes soldats, O Bachar.»

Si ce jardin reste animé jusqu'à tard dans la soirée, comme certaines ruelles commerçantes, l'ambiance nocturne a radicalement changé à Damas depuis le début du conflit. A minuit, le rideau tombe sur la capitale, les rues y sont totalement désertes, alors que l'été, toutes les grandes villes arabes restent animées jusqu'aux premières heures de l'aube.

Les ruelles, faiblement éclairées, sont sinistres, même si dans les restaurants traditionnels, on retrouve toujours les experts du backgammon et les adeptes du narguilé. Mais Oum Sami reste optimiste: «J'espère que Damas redeviendra comme avant

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