Syrie : Obama et Poutine campent sur leurs positions au G20

(Reuters)

Le président américain et le président russe ont confirmé vendredi, par leur désaccord, les divisions de la communauté internationale au sujet d'une intervention en Syrie. Le G20, qui a abordé la question syrienne, a donc accouché d'un statu quo complet. 

Première surprise, à la clôture du G20 vendredi après-midi : le communiqué final du rassemblement ne comporte pas une seule ligne sur la Syrie. Le sujet a pourtant été abordé, tous les dirigeants de la communauté internationale l'ayant confirmé.

Mais cette absence de discours commun confirme que les différents pays sont divisés et se séparent en différents camps, certains rangés derrière la position américaine, d'autres derrière le refus d'intervenir russe. Une division notamment actée par le Président français, François Hollande, lors de sa conférence de presse. Il s'est rangé derrière les Etats-Unis, opposés à la Russie sur le dossier syrien. 

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Vladimir Poutine et Barack Obama se sont rencontrés et ont pu discuter du dossier syrien. Une rencontre qui n'a fait que démontrer leur désaccord, qu'ils ont tous deux confirmé lors de leurs conférences de presse respectives. Vladimir Poutine a lui indiqué qu'il continuerait à fournir à la Syrie des armes et du matériel militaire. 

Seul point de consensus : l'utilisation des armes chimiques

"J'ai eu une conversation avec le président Poutine, une discussion sincère et constructive, comme toujours ", a expliqué le président américain. "Je ne m'attendais pas à ce que nous soyons d'accord sur la question des armes chimiques. Peut-être que lorsque nous aurons en main le rapport des inspecteurs de l'ONU, il sera plus facile pour le président Poutine de changer d'avis ", a-t-il poursuivi. 

En réalité, la communauté internationale, Obama et Poutine compris, ne se sont mis d'accord que sur un seul et unique sujet : le fait qu'il y ait eu une utilisation d'armes chimiques. 

Mais en dehors de ce point, les désaccords sont multipes. En premier lieu, les dirigeants s'opposent sur l'auteur des attaques. Pour Barack Obama, il s'agit du camp de Bachar al-Assad. Pour Vladimir Poutine, ce sont les rebelles qui ont utilisé des armes chimiques. 

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La France et les Etats-Unis isolés sur une intervention

Second point de désaccord : le recours à une intervention militaire. A ce sujet, la France et les Etats-Unis, partisans d'une intervention militaire, sont isolés. "Un certain nombre de pays considère que si on intervient militairement, il faut passer par le Conseil de sécurité ", a expliqué Barack Obama. "D'autres pays, et je me situe dans ce camp-là, soutiennent le travail des Nations unies, mais pense qu'il faut intervenir, et que cette intervention ne passera pas par le Conseil de sécurité ". 

Le président américain a donc continué d'expliquer qu'il était favorable à une intervention en Syrie, même sans l'accord du Conseil de sécurité. Vladimir Poutine a lui indiqué qu'il continuerait à fournir des armes au régime syrien, en cas d'attaque américaine.

Une annonce rapidement mise à exécution puisque, selon des informations des médias russes, Moscou a d'ores et déjà décidé d'envoyer plusieurs navires de guerre en Méditerranée orientale, près des côtes syriennes.

Pour justifier ce choix, le président russe a ainsi listé les "amis" de chaque camp, et a souhaité démontrer que la majorité des pays émergents n'étaient pas favorables à une intervention militaire. 

"Une réponse internationale forte"

La Maison-Blanche a elle indiqué à l'AFP que 11 pays du G20 appelaient à une "réponse internationale forte ". De son côté, Vladimir Poutine a indiqué que de nombreux dirigeants, y compris le pape François, étaient contre une intervention en Syrie. 

C'est donc une opposition politique et diplomatique totale entre les deux chefs d'Etat qui s'est jouée au sommet du G20, que les deux présidents ont confirmé lors de leurs conférences de presse de clôture. 

Prochaine étape pour Barack Obama : mardi prochain, au lendemain de la reprise des travaux du Congrès. Il a indiqué qu'il s'adresserait alors aux Américains. Officiellement, il n'a pas voulu dire ce qu'il ferait si les élus américains rejetaient sa proposition. 

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