Syrie : nouvelles preuves d'attaques au gaz de chlore

(© Maxppp / Mohammed Al-Abdullah)

Depuis l'automne dernier, le régime syrien a continué d'utiliser des armes chimiques contre sa population, principalement du chlore à l'état gazeux, largué depuis des hélicoptères dans de grands barils. C'est ce que rapporte une enquête du Monde publiée mercredi.

Neuf mois après l'attaque chimique qui avait fait plus de 1.000 morts dans la banlieue de Damas, une enquête du Monde révèle que le régime syrien a continué à utiliser des armes chimiques contre sa population, jusqu'à récemment. Il s'agit principalement de chlore à l'état gazeux, largué depuis des hélicoptères dans de grands barils. 

Les journalistes du quotidien se fondent sur des rapports, non publics, des services de renseignements français, rédigés avec l'aide des Britanniques et des Américains. Ces bombardements se sont produits à 14 reprises au moins, comme l'a déjà dit la France, pour chasser des villes les rebelles et la population civile.

 

"Il ne s'agit pas d'un gaz aussi létal que celui utilisé le 21 août 2013 dans la banlieue de Damas, où en une seule matinée 1.500 personnes étaient mortes. Là il s'agit d'une centaine de morts, mais c'est d'autant plus choquant que la Syrie est engagée dans un processus de démantèlement de son arsenal chimiqu e", explique le chef du service International du Monde.

 

Les explications de Christophe Ayad, chef du service International au Monde, avec Isabelle Labeyrie
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Destruction des armes chimiques : la date du 30 juin ne sera pas tenue

Après l'attaque du mois d'août, et en vertu d'un accord russo-américain conclu en septembre dernier et entériné par l'ONU, la Syrie s'est en effet engagée à détruire tout son arsenal chimique avant le 30 juin 2014. Mais la semaine dernière le secrétaire général de l'ONU Ban-Ko-moon estimait que cette date ne serait pas tenue.

Dans une lettre, Ban Ki-moon se disait aussi  "très inquiet des accusations sur l'utilisation de gaz de chlore " dans le conflit. Une équipe de l'OIAC s'est rendue mardi dans une ville syrienne pour enquêter sur ces allégations, quelques heures après avoir été la cible d'une attaque selon des rebelles.