Srebrenica: les Pays-Bas jugés responsables de la mort de 3 musulmans

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Dix-huit ans après le massacre de Srebrenica, la Cour de cassation des Pays-Bas a jugé l'Etat néerlandais responsable de la mort de trois musulmans. Ils avaient été tués après avoir été expulsés de la base où étaient réfugiés les Casques bleus néerlandais. Des poursuites contre l'ONU avaient également été lancées. Mais l'organisation internationale bénéficie d'une "immunité totale".

Juillet 1995 : depuis
la dissolution de la République fédérale socialiste de Yougoslavie, les Serbes
de Bosnie-Herzégovine ont pris le contrôle de la majeure partie de la Bosnie
orientale. Et ils mènent une campagne de "nettoyage ethnique " contre
les musulmans bosniaques.

L'enclave de Srebrenica est sous la protection
de l'Onu quand elle est envahie le 11 juillet. Faiblement armés, les Casques bleus néerlandais ne vont pas résister. Près de 8.000 garçons et hommes musulmans vont être tués dans le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Mais l'Etat néerlandais n'est jugé responsable que pour trois d'entre eux. Il n'était pas poursuivi pour l'absence de réactions de ses Casques Bleus. Mais parce qu'ils ont "livré" ces trois victimes,  un électricien de leur base, le père et le frère d'un de leurs interprètes.

Les Casques bleus "n'aurait pas dû livrer ces hommes aux
Serbes
"

Selon
la Cour suprême, les casques bleus "ont décidé de ne pas  évacuer (ces trois hommes ) avec
le bataillon et les ont expulsés du complexe. Hors du complexe, ils ont été
assassinés par l'armée bosno-serbe ou les groupes paramilitaires
affiliés".
C'est ce que disait déjà le jugement de la cour d'appel qui a donc été confirmé : le Dutchbat, le bataillon de Casques bleus néerlandais chargé de
protéger l'enclave de Srebrenica, "n'aurait pas dû livrer ces hommes aux
Serbes
".

L'Etat néerlandais vont maintenant peut-être devoir payer des dommages et intérêts. L'Onu elle ne sera pas poursuivie : en avril 2012, la Cour suprême des Pays-Bas a jugé qu'il était impossible de poursuivre les Casques bleus, arguant
que l'ONU bénéficiait d'une "immunité totale".

Le chef des forces serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic, est  poursuivi pour
génocide devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Un procès toujours en cours.

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