Incendies en Amazonie : "La réaction d'Emmanuel Macron est bienvenue, mais tardive et hypocrite"

Incendie en Amazonie brésilienne, à Porto Velho, au Brésil, le 18 août 2019.
Incendie en Amazonie brésilienne, à Porto Velho, au Brésil, le 18 août 2019. (PORTO VELHO FIREFIGHTERS HANDOUT / MAXPPP)

Greenpeace, par exemple, est assez sceptique à propos de la réaction alarmiste d'Emmanuel Macron sur les incendies en Amazonie.

"La réaction d'Emmanuel Macron, elle est bienvenue, même si elle est un peu tardive. Mais surtout, est-ce qu'elle n'est pas un petit peu hypocrite ?", interroge sur franceinfo vendredi 23 août le spécialiste des forêts au sein de Greenpeace France, Clément Sénéchal. Le président français a estimé jeudi soir sur Twitter que les incendies qui ravagent l'Amazonie constituent une "crise internationale" et a donné rendez-vous aux membres du G7 pour "parler de cette urgence" lors du sommet à Biarritz ce week-end.

"Jair Bolsonaro n'avait jamais fait mystère de ses plans de vendre à la découpe l'Amazonie à l'agribusiness, de réduire toutes les législations qui permettent de protéger l'Amazonie. Or, Emmanuel Macron a soutenu la signature d'un accord de libre-échange avec Jair Bolsonaro, le Mercosur", déplore Clément Sénéchal.

On donne des satisfecits politiques d'un côté à Jair Bolsonaro et de l'autre on évoque les incendies et la crise environnementale au G7. Très bien, mais où est la cohérence ?Clément Sénéchal, de Greenpeaceà franceinfo

D'après l'Institut national de recherche spatiale (INPE), 75 336 feux de forêt ont été enregistrés au Brésil de janvier jusqu'au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l'an dernier. Plus de 52% concernent l'Amazonie.

"Essayer de ralentir l'extinction de notre civilisation"

Emmanuel Macron souhaite aborder cette question des incendies au G7. Mais ce n'est pas le bon cadre pour parler écologie, affirme de son côté Daniel Richard, militant écologiste et ancien président du WWF France : "Le G7 reste sur des vieux systèmes, qui sont 'on va régler des problèmes économiques', 'on va régler des problèmes industriels', etc. Mais les problèmes ne sont plus économiques."

La nouvelle économie, de toute façon, sera écologique ou ne sera pas. Le problème, c'est d'essayer de ralentir l'extinction de notre civilisation.Daniel Richard, ancien président du WWFà franceinfo

S'estimant mises à l'écart du sommet du G7, les associations de défense de l'environnement du collectif Réseau action climat, dont Greenpeace, ont décidé de boycotter le déjeuner organisé vendredi midi à l'Élysée par Emmanuel Macron.

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