"Fashion Pact" : 32 entreprises de la mode s'engagent pour l'environnement, mais sans contraintes

François-Henri Pinault, le PDG de Kering, lors d\'une conférence de presse à Paris, le 24 avril 2019. 
François-Henri Pinault, le PDG de Kering, lors d'une conférence de presse à Paris, le 24 avril 2019.  (ERIC PIERMONT / AFP)

Présenté aux dirigeants du G7 samedi, le "Fashion Pact" est notamment signé par Hermès, Kering (Gucci, Yves Saint Laurent...), Adidas, Nike ou encore Burberry. 

L'environnement, un simple argument marketing pour les industriels de la mode ? Trente-deux entreprises du textile, une des industries les plus polluantes au monde, ont lancé vendredi 23 août, en amont du G7, une coalition pour réduire leur impact environnemental. Basé sur le volontariat, ce "Fashion pact" est accueilli avec scepticisme par les ONG.

En mai dernier, l'Elysée a chargé le milliardaire François-Henri Pinault, à la tête du groupe Kering (Gucci...), de mobiliser l'industrie de la mode et du luxe sur ce dossier. Trois mois plus tard, lundi, un "pacte de la mode" sera présenté aux chefs d'Etat des pays du G7. Il est signé entre autres par Adidas, Capri Holdings (Versace...), Carrefour, Chanel, H&M, Gap, Inditex (Zara...), Kering, Nike, Prada, Puma ou encore Stella McCartney.

Dans cette nouvelle charte, les signataires s'engagent "à diriger [les] entreprises vers des actions compatibles avec la trajectoire à 1,5 °C de réchauffement climatique, via une juste transition pour atteindre zéro émission nette de CO2 en 2050". Parmi les objectifs fixés : atteindre 100% d'énergies renouvelables d'ici 2030 "sur toute la chaîne d'approvisionnement" ou encore "éliminer le plastique à usage unique en 2030".

Pas de remise en question du "fast fashion" 

Que se passera-t-il si les entreprises ne remplissent pas leurs engagements ? Le ministère de la Transition écologique table sur "les influenceurs sur les réseaux sociaux, les ONG (...) très vigilantes sur le décalage possible entre les discours et les actes" pour les pousser à jouer le jeu, "les effets sur leur réputation pouvant être violents" dans le cas contraire.

La relocalisation de la production des vêtements plus près des consommateurs n'est "pas à l'ordre du jour" de ce pacte, précise Kering. Ni une remise en cause de la "fast fashion" et de la multiplication des collections, pourtant décriée pour son impact sur l'environnement. "S'il s'agit de vendre toujours plus en mettant des énergies renouvelables, ça ne suffira pas", avertit Pierre Cannet, du WWF France. 

Il faut revoir le modèle, réduire la production, faire des vêtements utilisables plus longtemps, qui n'émettent plus de micro-plastiques quand on les lave et produits durablement.Pierre Cannet du WWF France

Le secteur de la mode est à l'origine de nombreuses pollutions. Il est responsable de 20% des rejets d'eaux usées et de 10% des émissions de CO2 dans le monde.

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