Russie : Mikhaïl Popkov, l'ancien policier qui a tué 81 femmes en Sibérie

Une vue d\'une partie du complexe pétrochimique d\'Angarsk, le 22 octobre 2009.
Une vue d'une partie du complexe pétrochimique d'Angarsk, le 22 octobre 2009. (VITALIY ANKOV / RIA NOVOSTI / AFP)

Déjà condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de 22 femmes en 2015, Mikhaïl Popkov comparaît de nouveau au tribunal d'Irkoutsk (Russie). "Le maniaque d'Angarsk" a reconnu 59 nouveaux homicides. Il aura sévi pendant une vingtaine d'années.

Il était parfois surnommé "le maniaque d'Angarsk". Un ancien policier soviétique, Mikhaïl Popkov, est jugé depuis le 12 mars à Irkoutsk (Russie) pour le meurtre de dizaines de femmes commis à partir des années 1990. Arrêté en 2012 puis condamné à la prison à perpétuité pour 22 assassinats, cet homme comparaît de nouveau après avoir avoué le meurtre de 59 autres femmes, dont la plus jeune avait 14 ans.

Des journalistes du Parisien ont remonté sa trace jusqu'à Angarsk, une ancienne colonie concentrationnaire située en Sibérie, qui abrite aujourd'hui un complexe pétrochimique et 220 000 habitants. La découverte des corps de femmes violées et mutilées a commencé en 1992, avec une jeune mère de famille retrouvée dans une forêt. Puis les cadavres se sont multipliés dans les environs, explique le quotidien. "Je n'ai jamais préparé en amont avant de commettre un meurtre, a expliqué par la suite Mikhaïl Popkov, rapporte The Independent (en anglais). Je pouvais utiliser n'importe quel objet présent dans la voiture – un couteau, une hache, une batte."

Mikhaïl Popkov avait notamment l'habitude de prendre ses proies en stop, avant de les violer, de les tuer et de déposer leur corps le long de la M53, une voie rapide qui relie Irkoutsk à Moscou. Une jeune femme de 18 ans parvient à lui échapper, en 1998, après que le tueur lui a frappé la tête contre un arbre et l'a laissée pour morte. Elle se réveille à la morgue et parvient à faire enregistrer une plainte six mois plus tard.

Il travaillait sur ses propres scènes de crime

Dépêché sur place, l'adjoint au procureur d'Irkoutsk, Nikolaï Kitaev, constate que les enquêtes ont été bâclées. Mais il doit plier bagage face aux résistances de la police locale. Au fil des ans, Mikhaïl Popkov parvient à échapper aux enquêteurs et devient "assistant opérationnel" au commissariat local. A ce titre, "il se rend régulièrement sur des scènes de crime qu'il a lui-même commis", écrit Le Parisien. Un jour, il ramasse même son insigne de police, oublié près d'un corps, sans que personne ne le surprenne.

Le policier attire tout de même les soupçons de son supérieur, qui le met à pied en 2002 pour avoir roué de coups un automobiliste. Mais il faudra encore attendre dix années pour que son ADN soit identifié comme étant celui trouvé à côté de trois victimes. "Il a voulu se venger de l'infidélité de son épouse", se contentera d'expliquer un expert. Condamné à la prison à perpétuité en 2015, il a depuis avoué 59 nouveaux meurtres, ce qui lui vaut de comparaître à nouveau à Irkoutsk.

"Je ne pouvais pas prévoir l'identification par ADN"

En début d'année, un spécialiste a estimé que Mikhaïl Popkov ne souffrait pas de troubles mentaux, selon l'agence Interfax (en russe). "Popkov collabore avec nous, expliquait l'an dernier un enquêteur, cité par The Siberian Times (en anglais). Tout ce qu'il nous dit se confirme par la suite. Il nous guide avec assurance jusqu'aux lieux où se trouvent les corps. Il explique ce qui est arrivé et quelles blessures il a infligées."

Interrogé par des journalistes par le passé, Mikhaïl Popkov leur avait lâché cette confidence : "Je ne pouvais pas prévoir l'apparition de l'identification par ADN." L'affaire a profondément ému la ville du tueur. Alors qu'un projet de série est en cours de réalisation sous le nom Angarsk 81, des habitants ont d'ailleurs lancé un appel (en russe) aux réalisateurs pour qu'ils renoncent à utiliser le nom d'Angarsk. "Nous craignons que le nom de la série ne cause des dommages irréparables à l'image de notre ville", plaident-ils.

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