En Argentine, un trafic de cocaïne découvert au sein de l'ambassade russe

La drogue a été saisie dans un bâtiment annexe de l\'ambassade de Russie à Buenos Aires (Argentine).
La drogue a été saisie dans un bâtiment annexe de l'ambassade de Russie à Buenos Aires (Argentine). (ARGENTINA'S SECURITY MINISTRY / AFP)

Près de 400 kg de drogue ont été saisis en décembre 2016, sur dénonciation de l'ambassadeur russe Viktor Koronelli, dans un bâtiment annexe de l'ambassade à Buenos Aires.

Des diplomates véreux, un policier complice, de la drogue remplacée par de la farine... Une enquête, digne d'un film d'espionnage, a permis de saisir quelque 389 kg de cocaïne dans un des bâtiments de l'ambassade russe à Buenos Aires (Argentine). "Il s'agit d'un groupe de narcotrafiquants qui essayait de se servir du courrier diplomatique de l'ambassade de Russie" pour transporter de la drogue en Europe, a expliqué jeudi 22 février la ministre de l'Intérieur argentine Patricia Bullrich.

La drogue, dissimulée dans 16 valises, avait été découverte le 13 décembre 2016, sur dénonciation de l'ambassadeur russe Viktor Koronelli, dans une école située dans un bâtiment annexe de l'ambassade. Une enquête de longue haleine débute alors. Après avoir vérifié discrètement qu'il s'agit bien de drogue, les enquêteurs se rendent le soir même au marché de gros de Buenos Aires pour acheter 400 kg de farine.

Une drogue d'"une très grande pureté"

"La cocaïne a été remplacée par de la farine et des balises ont été placées à l'intérieur afin de pouvoir surveiller la transaction et démanteler l'organisation", a raconté Patricia Bullrich. Dans les mois qui suivent, les membres du réseau, dont certains travaillent à l'ambassade, tentent en vain de faire partir le chargement de farine par valise diplomatique à plusieurs reprises. C'est le gouvernement russe, à la faveur d'un voyage officiel en Argentine, qui procure un avion pour pouvoir surveiller la remise des valises à Moscou, le 12 décembre 2017.

Cinq personnes ont été arrêtées dans cette affaire menée conjointement par les polices des deux pays : deux en Argentine et trois en Russie. Parmi les personnes interpellées à Buenos Aires figure un Russe naturalisé argentin, qui avait intégré la police de la capitale en 2013, selon la ministre. La drogue, "d'une très grande pureté", était destinée à la Russie et probablement à l'Allemagne, où est en fuite le cerveau présumé de la bande, selon les enquêteurs. La valeur du chargement est estimée à environ 50 millions d'euros.

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