RSF (re)donne de la visibilité à des sites d’information censurés

Neuf sites débloqués par Reporters sans frontières (RSF) à l\'occasion de la Journée mondiale contre la censure sur Internet célébrée le 12 mars. 
Neuf sites débloqués par Reporters sans frontières (RSF) à l'occasion de la Journée mondiale contre la censure sur Internet célébrée le 12 mars.  (Reporters sans frontières)

Les sites d'information «Grani.ru», «The Tibet Post International» ou encore «Gooya News» sont respectivement interdits en Russie, en Chine ou en Iran. Mais les internautes peuvent découvrir leur contenu à l'occasion de la Journée contre la censure en ligne célébrée le 12 mars 2015. Reporters sans frontières les a débloqués.

Des sites d’information censurés dans leur pays mais désormais accessibles. C'est devenu possible grâce à l’opération Collateral Freedom lancée par Reporters sans frontières (RSF) dans le cadre de la Journée contre la censure sur Internet.  

Neuf plateformes, «connues pour leur sérieux et leur indépendance dans le traitement de l’information » et censurées dans 11 pays «ennemis d'Internet», ont été choisies par l'ONG : Grani.ru (bloqué en Russie), Fergananews.com (bloqué en Ouzbékistan, au Turkménistan et au Kazakhstan), The Tibet Post et Mingjing News (interdits en Chine), Dan Lam Bao (interdit au Vietnam), Hablemos Press (bloqué à Cuba), Gooya News (bloqué en Iran), Gulf Center for Human Rights (interdit aux Emirats arabes unis) et Bahrain Mirror (interdit à Barheïn et en Arabie Saoudite). 

La censure mise en échec dans 11 pays par l\'association Reporters sans frontières (RSF). 
La censure mise en échec dans 11 pays par l'association Reporters sans frontières (RSF).  (Reporters sans frontières)

Des versions, dites «miroirs» de ces sites, sont disponibles grâce à un dispositif technique qui se décline de deux façons. Soit un logiciel copie toutes les deux heures le site sur un serveur réservé, par exemple sur Amazon, soit un logiciel installé sur le site d'origine permet sa duplication en temps réel à partir de la plateforme dédiée de RSF. 

Pied de nez à la censure
«Nos miroirs sont difficilement blocables mais ils le sont. Cependant, dès que nous recevons une alerte, nous pouvons rediriger l’internaute vers un nouveau site miroir en trois minutes», explique Grégoire Pouget, responsable du bureau Nouveaux médias chez RSF. 

Par ailleurs, l’ONG compte sur ses prestataires de service - parmi eux des géants du Net comme Google et Microsoft - pour décourager les éventuels Etats qui souhaiteraient attaquer ces sites. «Nous utilisons Fastly qui a lui-même de nombreux autres clients qui seraient pénalisés» par une telle démarche, poursuit Grégoire Pouget. L'opération permet aussi de propager les techniques de mirroring

Ces sites d’informations seront disponibles dans la limite de la bande passante préachetée par RSF, d’où l’appel à contribution lancé pour continuer à leur permettre d'être lus. «Nous avons estimé à 10 euros le montant pour faire durer l’opération un jour supplémentaire, soit environ un euro par site». Collateral Freedom est déjà un succès. Entre 30 et 40.000 visites ont été enregistrées pour le seul site Grani.ru, bloqué depuis le 13 mars 2014, pour cette première matinée du 12 mars 2015. 
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