Un ex-soldat britannique poursuivi pour meurtres lors du "Bloody Sunday" en Irlande du Nord, en 1972

Les familles des victimes du \"Bloody Sunday\" défilent à Derry, en Irlande du Nord, le 14 mars 2019.
Les familles des victimes du "Bloody Sunday" défilent à Derry, en Irlande du Nord, le 14 mars 2019. (PAUL FAITH / AFP)

Treize manifestants avaient été abattus par l'armée britannique le dimanche 30 janvier 1972 à Derry, dans un quartier à majorité catholique. 

Un ancien soldat britannique va être poursuivi pour deux meurtres commis durant le "Bloody Sunday" de 1972, au cours duquel treize manifestants avaient été abattus à Derry, en Irlande du Nord, ont décidé jeudi 14 mars les services d'accusation nord-irlandais.

Dix-sept anciens soldats britanniques attendaient une décision de ces services, qui ont conclu qu'il y avait "suffisamment de preuves disponibles pour poursuivre un ancien soldat", présenté comme le "soldat F", pour le meurtre de deux hommes et les tentatives de meurtre de quatre autres. Concernant les seize autres soldats britanniques et deux anciens membres présumés de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), les preuves disponibles ont été jugées "insuffisantes" pour envisager des poursuites.

3 500 morts en trois décennies

Le 30 janvier 1972, des soldats britanniques avaient ouvert le feu lors d'une marche pacifique dans le quartier à majorité catholique de Bogside, tuant treize personnes et en blessant quinze autres. Une quatorzième victime est décédée de ses blessures plus tard. Cette journée, immortalisée par une chanson du groupe irlandais U2, a été l'une des plus sombres des "Troubles", ces violences entre républicains nationalistes et loyalistes unionistes qui ont fait quelque 3 500 morts en trois décennies.

Avant l'annonce des poursuites, des proches des victimes ont défilé, à Derry, tenant des portraits en noir et blanc des personnes décédées.

Une enquête publique avait révélé en 2010 que les troupes britanniques avaient tiré en premier et avaient fait un compte-rendu trompeur des faits. Le Premier ministre britannique, David Cameron, avait alors présenté des excuses officielles pour ces faits, les qualifiant d'"injustifiés et injustifiables".

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi que les anciens soldats reconnus coupables de crimes commis lors des "Troubles" pourraient bénéficier d'une libération anticipée, dans le cadre de l'accord du Vendredi saint de 1998.

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