Réveillons: une tradition ancestrale

Des bateaux dans la baie de Sydney, le 1er janvier 2013.
Des bateaux dans la baie de Sydney, le 1er janvier 2013. (AFP/GREG WOOD)

Le réveillon du passage à la nouvelle année est une tradition ancestrale qui permet de se libérer des contraintes sociales. Et selon les pays, les us réclament des bises sous le gui, pour la France ou des sauts à pieds joint au Danemark.

Si les Français embrassent leurs voisins lors de cette soirée en criant «bonne année», les Espagnols avalent, eux, douze grains de raisins lorsque retentissent les douze coups de minuit. Les Portugais ont la même habitude que les voisins. Et, l'on retrouve la même affinité pour les fruits de la vigne au Brésil mais cette fois, ils sont conservés avec du papier alu dans le portefeuille, pour avoir de la chance. Les Brésiliens, qui se retrouvent sur la plage de Copacabana, à Rio, peuvent sauter sept vagues, au milieu des feux d’artifices et des spectacles musicaux.
 
Les Britanniques, de leur côté, comptent les dix dernières secondes en chantant Happy New Year. En attendant que Big Ben ou une autre horloge sonne minuit.
 
Du plomb pour lire l'avenir
Les Allemands se réunissent pour écouter les cloches de minuit alors qu’il y a partout des feux d’artifice et des pétards (le bruit était à l’origine destiné à faire fuir les mauvais esprits). L’avenir peut également être interrogé, en faisant fondre du plomb qui est jeté dans l’eau et en interrogeant la forme ainsi obtenue.
 
Cette dernière tradition est conservée telle quelle en Finlande alors que les Danois, juchés sur des chaises, sautent ensemble aux douze coups de minuit pour faire fuir le mauvais sort. Ils leur arrivent également de lancer des assiettes à la porte de leurs amis : plus le tas est gros, plus vous êtes entouré d’amis.   
 
A New York, la chute de la boule de cristal, d’une demi-tonne et de deux mètres de diamètre, installée à Time Square, est la principale des attractions d’une cérémonie retransmise à la télévision.
 
Les couleurs en fête
Enfin, dans de nombreux pays, les fêtards ont l’habitude de mettre des sous-vêtements de couleur pour conjurer le mauvais sort. Ceux-ci seront rouges pour être heureux en amour et jaunes pour la réussite financière. Quant aux Philippins, ils portent des vêtements à poids pour avoir de la chance.
 
Cette transition du nouvel an permet de décompresser après une année de labeur. «Les mots d’ordre de cette soirée sont détente et lâcher-prise », résume le sociologue Amitai Etzioni, de l’université américaine de George Washington. L’espace d’un soir, «les contraintes sociales ou morales tombent », tous les paris sont possibles «jusqu’au lendemain où tout rentre dans l’ordre».
 
Une transgession millénaire
Cette transgression, qui ressemble par certains côtés au Carnaval, repose principalement sur le festin consommé entre amis, souvent jusqu’au lever du soleil. Avant l’entrée en scène des feux d’artifice et des pétards. Un rituel qui existe depuis quelques millénaires, selon les historiens. Les Romains célébraient en mars le réveillon, avec des traditions ressemblant beaucoup à celles d’aujourd’hui. 
 
Jean Scheid, du Collège de France, explique que «la nouvelle année a toujours été un jour important à Rome». Lors de cette fête publique, «les gens passaient la journée à jouer, manger et boire ». Une coutume qui a essaimé dans tout l’Empire romain. Sa célébration actuelle au premier janvier, date de -46 avant JC lorsque Jules César introduisit le calendrier moderne. Mais l’Europe médiévale préférait célébrer la fête à une date ayant une signification religieuse, comme Noël.
 
Grégoire XIII, le Pape du changement du réveillon
Le grand changement date de 1582, lorsque le pape Grégoire XIII a remplacé le calendrier julien par le calendrier grégorien, corrigeant ainsi des anomalies mathématiques. Si la plupart des pays catholiques adoptèrent ce calendrier et son premier janvier, les pays protestants ne s’y sont mis que progressivement.
 
La très grande majorité des pays du monde ont adopté de nos jours le 1er janvier comme date officielle de l’année nouvelle. Pour autant, le Nouvel an orthodoxe tombe le 14 janvier alors que le Nouvel an chinois, basé sur la position de la lune, peut survenir n’importe quel jour entre le 11 janvier et le 20 février. En 2013, ce sera le 10 février.
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