L'Ecosse à six semaines du référendum sur l'indépendance

Alex Salmond à gauche et Alistair Darling lors du débat télévisé sur l\'indépendance de l\'Ecosse le 5 aoüt 2014
Alex Salmond à gauche et Alistair Darling lors du débat télévisé sur l'indépendance de l'Ecosse le 5 aoüt 2014 (AFP)

Un débat, à la télé écossaise, le 5 août 2014, a lancé la campagne du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Le 18 septembre, quatre millions d’électeurs se prononceront pour ou contre le maintien du pays au sein du Royaume-Uni. Pour l’heure l’avantage va aux souverainistes.


Les derniers sondages laissent apparaître une montée du camp des indépendantistes. Ils seraient désormais 40% à voter oui. Mais le fossé est encore grand.
En face, 54% des électeurs veulent rester  dans le giron de Londres. Le nom du mouvement des souverainistes, «Better Together» (mieux ensemble), illustre à lui seul la problématique. Il faut, pour convaincre les écossais de rester dans le Royaume-Uni, offrir plus d’autonomie au pays du nord.
 
Aussi, les trois grands partis siégeant à Westminster, conservateurs, travaillistes et libéraux-démocrates ont promis, en cœur, d’offrir plus de pouvoir au Parlement écossais, notamment en matière d’impôt et de sécurité sociale. C’est d’ailleurs un travailliste, ancien chancelier de l’Echiquier, Alistair Darling, qui représentait le camp du non lors du premier débat télévisé, illustrant ainsi une certaine union sacrée des partis britanniques.
 
Chaque camp attendait ce premier débat avec impatience. Les sondages réalisés à l’issue, ont donné Darling vainqueur.
Mais le charismatique Alex Salmond, chef de file des indépendantistes, n’a pas dit son dernier mot. Il a déjà réussi à obtenir ce référendum de la part du conservateur David Cameron. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
 
Au cours du premier débat, il a une nouvelle fois martelé son souci de voir les intérêts écossais mieux représentés. Il a rappelé notamment que le pays vote à gauche, un choix qui ne se retrouve pas dans le gouvernement conservateur de Londres. «En devenant indépendants, nous aurons le gouvernement pour lequel on a voté» a-t-il lancé.«Personne ne fera un meilleur travail pour diriger l’Ecosse que ceux qui y vivent et y travaillent.»
 

Cela dit, l’avenir de l’Ecosse ne se résume pas à sa représentation politique. La question est de savoir si le pays peut assumer financièrement son indépendance. Dans le camp du Non, on rappelle que la manne pétrolière (57 milliards de livres sterling de taxes pour 2018) n’est pas inépuisable. Il reste entre 30 et 40 ans de production.

En face, les indépendantistes précisent qu’en terme de PIB, l’Ecosse est le sixième pays de l’OCDE.
Alex Salmond, lors du débat, s’est amusé du fait que 49 des 71 pays ayant participé aux Jeux du Commonwealth, étaient de même taille ou plus petits que l’Ecosse.
 
Pourtant, c’est bien le bien-être économique qui influence le choix des électeurs. Alistair Darling l’a rappelé avec gravité :«Nous allons prendre la plus grande décision de l’histoire de l’Ecosse. Et retenez ceci. Si nous décidons de partir, il n’y aura pas de retour. Il n’y aura pas de seconde chance.»
 
Le prochain rendez-vous aura lieu cette fois sur les ondes de la BBC. Le Royaume-Uni tout entier pourra connaître les arguments des indépendantistes.
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