Coût de la royauté britannique: 69 pences par contribuable

La Reine Elizabeth II à la Société royale de géographie, à Londres, le 29 mai 2013.
La Reine Elizabeth II à la Société royale de géographie, à Londres, le 29 mai 2013. (AFP/YUI MOK)

En 2012, les dépenses de la royauté britannique ont atteint 39,2 millions d'euros (un million d'euros de plus qu'un an plus tôt). En 5 ans, ces sommes ont cependant diminué de 24%. La majeure partie du budget alloué à la monarchie par l'Etat est basé sur les revenus du Crown Estate, qui gère les propriétés et les «bijoux» de la Reine.

En 2012, les contribuables ont dû payer un million de plus que ce qui était prévu pour sa majesté en raison du jubilée d’Elizabeth II. Le budget alloué par le parlement, le Royal Household, s'élevait à 38,2 millions de livres en 2009-2010 et à 41,5 millions en 2008-2009. Il est donc en baisse régulière, soumis à l’austérité comme d’autres secteurs. La famille royale se serre la ceinture, réduisant par exemple le nombre de vols pour se rendre à l’étranger.
 
Les dépenses d’Elizabeth Windsor (nom de la famille régnante britannique) comportent plusieurs postes. Les salaires du personnel (1.200 personnes) sont passés de 17,5 millions de livres à 18,3 millions entre la période 2011-2012 et 2012-2013. L’entretien des palais se monte aujourd’hui à 9,1 millions de livres.
 
L’heureux évènement attendu par le prince Williams et son épouse Kate a coûté un million en raison de la réfection du futur appartement du couple au palais de Kensington (Londres), dont des travaux de désamiantage. L’aménagement intérieur n’est, lui, pas payé par les contribuables.
 
Face à tous les frais auxquels elle doit actuellement faire face, la couronne a puisé 2,3 millions dans ses réserves. Pour ces dépenses courantes, elle utilise une enveloppe de 9 millions d’euros. Le montant de cette liste civile est gelée depuis 1990. Elle a été remplacée en 2013 par une «subvention de soutien au souverain», indexée sur ses revenus.
 
Ces différentes ressources, venues de la poche des contribuables, se montent annuellement à 69 pences par Britannique. En échange, la reine verse au Trésor public les revenus des domaines royaux, quelque 200 millions de livres (avec ce que donne Bruxelles au titre des subventions de la politique agricole commune).


De quoi est constitué cette fortune? 
Les biens de la dynastie des Windsor sont gérés depuis 1760 par Crown Estate, une agence autonome placée sous la tutelle du Trésor. Ils représentent une valeur dépassant les 9 milliards d’euros. En 2013, les possessions d’Elizabeth Windsor ont enregistré  un profit record de 253 millions de livres, soit un gain de 5,2% en une année.

La fortune de la reine a été estimé en 2012 par le Sunday Times à 387 millions d'euros, soit la 262e fortune de Grande-Bretagne. Aucun chiffre ne peut être avancé avec une certitude absolue car, dérogation gracieuse, la maison royale ne peut être contrôlée par les agents du fisc...
 
Ces propriétés ont, pour la plupart, été accumulées par la reine Victoria, qui a régné de 1837 à 1901. «Née pauvre et endettée, elle est morte riche», indique l’historien Philippe Chassaigne. 

Les domaines de la reine comptent une pépite de premier choix: des propriétés dans le centre de Londres, notamment sur Regent Street où se trouvent de nombreux commerces de luxe (450 entreprises louent leurs locaux à Crown Estate). Ils comptent aussi des parcs à travers le pays… et aussi des immeubles à loyers modérés pour les fonctionnaires. 

En bord de mer, Crown Estate possède la moitié du littoral dans la limite de 12 milles nautiques. Ce qui permet l'exploitation des richesses qui s'y trouvent. 108.00 hectares d'emprise agricole font également partie de l’escarcelle du fond de gestion. Notamment des réserves de chasse pour le gibier d’eau.
 
La reine, qui a manifestement l'esprit vert, a investi dans la production d’énergie renouvelable, comme des parcs éoliens. Et, en 2008, le Crown Estate a acquis la plus grande turbine éolienne, et est impliqué dans l’expérimentation de production d’énergie marémotrice dans les îles Orcades. L’hippodrome d’Ascott ou l’ambassade d’Israël à Londres, figurent également au nombre des propriétés.
 
L’argent du contribuable britannique ne peut pas servir au défraiement de tous les Windsor. Ainsi, le prince Charles tire ses revenus de la gestion de son duché de Cornouailles, qui compte 50.000 hectares en location…
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