Attentat de Londres : "Les services de renseignement ne peuvent pas tout"

La police patrouille à Borough High Street à Londres, le 4 juin 2017, après l\'attentat qui a frappé la capitale anglaise samedi soir. 
La police patrouille à Borough High Street à Londres, le 4 juin 2017, après l'attentat qui a frappé la capitale anglaise samedi soir.  (CHRIS J RATCLIFFE / AFP)

Après l'attentat de Londres samedi soir, Sébastien Pietrasanta, rapporteur du projet de loi de lutte contre le terrorisme, insiste sur l'imprévisibilité de ce genre d'attaque "low cost" avec peu de préparation.

La section antiterroriste du parquet de Paris ouvre une enquête en France après les attentats de Londres, où quatre Français ont été blessés, dont un gravement. C'est la procédure normale dès qu'il y a des Français parmi les victimes. "On est face à des attaques low cost avec peu de préparation", a déclaré dimanche sur franceinfo Sébastien Pietrasanta, député socialiste et rapporteur du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Pour lui ,"le renseignement ne peut pas tout" car "ce genre d'attaque est difficilement prévisible".

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franceinfo : Les renseignements britanniques sont réputés pour leur efficacité depuis 2005, les premiers attentats de Londres et pourtant, ils n'ont pas pu détecter ces attaques ?

Sébastien Pietrasanta : On est face à des attaques "low cost", avec peu de préparation et de manière assez isolée. Ce genre d'attaques est difficilement prévisible. On peut avoir les meilleurs services de renseignements du monde à Londres, à Paris ou aux Etats-Unis mais ils ne peuvent pas tout, même si des attentats ont été évités grâce à eux. 

Un réseau a été démantelé après l'attentat de Manchester. Est-ce que cela signifie que lorsqu'un réseau est fragilisé un autre peut s'activer et répondre en représailles ?

Il peut y avoir un effet de mimétisme. On l'a connu pour les attentats du 13 novembre, en France, et le 22 mars, à Bruxelles, avec le même réseau, la même organisation qui peut agir rapidement lorsqu'un autre réseau est démantelé et aux abois. L'enquête dira ce qu'il en est par rapport à l'attentat d'hier (samedi). Nous sommes face à cette double menace, en France ou dans les démocraties avec aussi des commandos projetés de Syrie et d'Irak. Aujourd'hui, Daech n'a plus les moyens pour organiser ce genre de commandos, alors on a des attaques spontanées, encouragées dans une vidéo en septembre 2014 avec l'utilisation de camions pour foncer sur une foule, avec des couteaux pour tuer des riverains. Cela est annoncé par Daech depuis très longtemps.

Pour vous cette attaque est signée Daech, même s'il n'y a pas de revendication pour l'instant ?

Il faut être évidemment prudent. Ce sont les enquêteurs qui le détermineront. Le mode opératoire utilisé hier soir (samedi) est un calque de ce qui a été demandé et annoncé par Daech. Par ailleurs, les services de renseignement français et britanniques sont en lien étroit. Nos services se parlent pour mieux coordonner et mieux récolter de l'information pour remonter et démanteler les filières et les réseaux.

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