En attendant le Royal Baby, vivez le calvaire des "royal watchers"

Kate et William, duchesse et duc de Cambridge, présentent leur fils, George, devant la maternité Saint-Mary, le 23 juillet 2013, à Londres (Royaume-Uni). 
Kate et William, duchesse et duc de Cambridge, présentent leur fils, George, devant la maternité Saint-Mary, le 23 juillet 2013, à Londres (Royaume-Uni).  (SUZANNE PLUNKETT / REUTERS)

Le deuxième enfant de Kate et de William doit naître entre le 15 et le 30 avril. Quinze jours d'un suspense effroyable pour les amoureux de la famille royale, les "royal watchers" .

Souvenez-vous du "Great Kate Wait". C'était au milieu de l'été 2013, sur le trottoir qui fait face à l'aile Lindo de l'hôpital St-Mary, à Londres (Royaume-Uni). Pendant trois semaines, des centaines de journalistes, de badauds et d'amoureux de la famille royale ont attendu la naissance du petit George, premier enfant de Kate et William. Une attente interminable brisée le 22 juillet, vers 6 heures du matin, quand le palais de Kensington a annoncé, enfin, le début du "travail". 

Pour la naissance de leur deuxième enfant, la presse n'est plus autorisée à "camper" sous les fenêtres de la maternité. Seul un panneau interdisant le stationnement, installé mercredi 15 avril, indique l'imminence d'un accouchement royal. Date de fin : le 30 du même mois, normalement. En attendant, suspense. Un cauchemar pour les "royal watchers", ces passionnés de la famille royale, au taquet depuis l'annonce, en septembre, de l'arrivée d'un nouveau membre chez les Windsor-Middleton. Comment tiennent-ils le coup ?

Les "royal watchers" professionnels privés de camping sauvage

Le compte à rebours a commencé. Mais cette fois, finis la foule, les camions satellites et les paparazzis à moto, "tellement 2013 !" Pour éviter que des photos volées montrant l'arrivée de la duchesse de Cambridge à la maternité ne fuitent, les autorités ont interdit aux médias de squatter les abords du bâtiment.

Pour que les "royal watchers" professionnels, c'est-à-dire les journalistes, puissent tout de même travailler, un enclos sera installé, jeudi 16 avril, devant la maternité. Mais ces derniers n'auront pas le droit de s'y parquer avant que Kate ne soit hospitalisée. D'ores et déjà, "tous nos journalistes sont prêts pour les trois étapes du processus : l'hospitalisation, l'annonce de la naissance, et bien sûr, la sortie du duc et de la duchesse de Cambridge avec le nouveau-né", explique Cindy Stockman, historienne, journaliste et rédactrice en chef du site d'information Royal Central (en anglais), dédié à l'actualité de la couronne britannique.

Dans ces conditions, difficile de prendre la mesure de l'impatience qui entoure ce deuxième Royal Baby, forcément moins attendu que le premier, héritier du trône. "C'est plus un jeu d'observation", tranche la journaliste, interrogée par francetv info. "Pour la naissance de George, tout le monde avait les yeux rivés sur la porte de l'aile Lindo de la maternité (...). Cette fois, [l'excitation] ne sera palpable que quand la duchesse sera admise à l'hôpital." 

Les puristes tentent quand même de s'incruster  

Ces restrictions d'accès n'empêchent toutefois pas les fans les plus "hardcore" de traîner dans le quartier, au cas où. Mardi, un journaliste de la BBC faisait ainsi la rencontre d'un certain John Loughrey, posté devant la maternité depuis déjà une semaine. 

Une promenade de santé pour ce "royal watcher" incontournable (il a fait le "Great Kate Wait" de 2013, évidemment) et quelque peu jusqu'au-boutiste. En 2008, il est la seule personne à assister à tous les débats concernant l'enquête sur la mort de Lady Di, à la Cour royale de justice, relevait la BBC. Les audiences ont duré six mois, pendant lesquels il s'est levé à 5 heures tous les jours, dormant devant le tribunal.

John Loughrey sera bientôt rejoint par Margaret Tyler, l'une des "royal watchers" les plus connues du pays. Collectionneuse d'objets en tout genre à la gloire de la famille royale, cette retraitée de plus de 70 printemps a indiqué, à Reuters, le 9 avril qu'elle s'apprêtait à faire le pied de grue devant Saint-Mary. "Je suis plus qu'excitée. C'est la dernière chose à laquelle je pense avant de m'endormir, et la première, quand je me réveille le matin", a-t-elle expliqué à l'agence de presse. En tout cas, elle a déjà accroché une banderole sur la façade sa petite maison de la banlieue de Londres à l'intention de Kate et de William. On peut y lire : "Félicitations pour la naissance de votre bébé". 

Les plus raisonnables spéculent et fantasment

Chez les fans de la famille royale, l'attente relève du calvaire. Pour @royalkatedebate, une internaute britannique d'une vingtaine d'années, "sur Twitter, nous arrivons à faire passer l'attente en discutant [du Royal Baby], en spéculant, en inventant des jeux et en sympathisant les uns avec les autres. Dès que nous apprenons une information un peu excitante, nous en discutons entre nous." Elle confirme l'existence d'une communauté de fans très active en ces moments cruciaux pour la famille royale. "En fait, nous en parlons quasiment tous les jours. En ce qui me concerne, j'y pense constamment !", poursuit la jeune femme, contactée par francetv info. Un sentiment renforcé par le silence radio des services royaux. "On a l'habitude de connaître très précisément le calendrier [des activités royales], donc là, c'est difficile de ne pas savoir", poursuit cette admiratrice de Kate Middleton, "une jeune femme ordinaire projetée dans des situations extraordinaires".

"Je ne dirais pas que nos lecteurs sont frustrés [par ce manque d'informations]", estime Cindy Stockman. "A en juger par les tweets que je vois passer ces derniers jours, il s'agit plus d'une attente anxieuse." La preuve : le Royal Baby hante même les nuits de certaines, comme cette fan de la duchesse, qui a rêvé de la naissance d'une petite Jane, dans la nuit du 12 avril, ou cette autre, hallucinée à l'idée d'avoir fantasmé la naissance d'un Johan (un prénom improbable, pense-t-elle).  

Le sexe ainsi que le prénom de l'enfant, la date de sa naissance ou encore son poids, occupent les pensées des "royal watchers", confirment @royalkatedebate et Cindy Stockman. "Une des sujets les plus discutés est de savoir si oui ou non William pourra arriver à l'hôpital à temps pour l'accouchement. En ce moment, il s'entraîne avec l'organisation East Anglian Air Ambulance, à deux heures de là", relève cette dernière.

Les plus minimalistes ne s'encombrent pas de rumeurs

Plus pragmatique, le compte Twitter Has Kate given birth (Kate a-t-elle accouché), créé à l'occasion de la première grossesse de la duchesse, a repris du service. Cette fois encore, il se contente de poster des mises à jour. Au choix : "No", "Nope" ("nan"), "Not yet" ("pas encore"), tweete-t-il laconiquement. 

Simple, efficace. Et le compromis idéal pour ceux qui ne vibrent pas franchement pour l'actualité des têtes couronnées, ou qui attendent l'autre climax royal, le mariage du prince Harry, "un évènement qui, en terme d'intérêt et de couverture médiatique, prédit la rédactrice en chef de Royal Central, pourra facilement rivaliser avec la naissance de ses neveux et nièces".  

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