Syrie. Plus de trois cents corps découverts près de Damas

Des habitants se protègent des combats dans une rue dégagée d\'Alep (Syrie), le 25 août 2012.
Des habitants se protègent des combats dans une rue dégagée d'Alep (Syrie), le 25 août 2012. (ARIS MESSINIS / AFP)

La majorité des victimes auraient été tuées lors de l'opération militaire lancée il y a cinq jours à Daraya, selon l'OSDH.

SYRIE - Des centaines de corps ont été découverts samedi et dimanche 26 août près de Damas, dans la localité de Daraya où l'armée mène une vaste opération depuis mardi pour chasser les rebelles. Au moins 320 corps y ont été retrouvés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La majorité des victimes auraient été tuées depuis le début de l'opération militaire lancée il y a cinq jours.

Alors que le mois d'août est déjà le plus meurtrier du conflit syrien avec plus de 4 000 morts en trois semaines, les découvertes macabres, souvent les cadavres de personnes victimes d'une exécution sommaire, se multiplient depuis quelques semaines. Samedi, les violences ont fait au moins 183 morts à travers le pays "dont au moins 34" à Daraya, a indiqué l'OSDH. Un bilan impossible à confirmer de source indépendante, compte tenu des restrictions imposées à la presse par Damas.

A Alep "la plupart des gens sont partis"

Dans la vieille ville d'Alep (nord), poumon économique du pays ravagé par plus d'un mois de combat, "la plupart des gens sont partis", a affirmé un rebelle. Ceux qui n'ont pas encore fui se pressent devant les boulangeries, formant de longues files d'attente, selon une journaliste de l'AFP. Dans plusieurs quartiers, l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) semble contrôler la situation, avec des barrages visibles.

L'agence officielle Sana a pour sa part affirmé que les forces armées avaient "purifié", à Alep, la zone de Seif al-Dawla des "groupes terroristes armés", tuant plusieurs d'entre eux. L'aviation a en outre bombardé plusieurs quartiers tenus totalement ou partiellement par les rebelles, selon l'OSDH.

Le nouveau médiateur de l'ONU "effrayé" par sa mission

Face aux violences qui ne faiblissent pas après plus de dix-sept mois de conflit, Lakhdar Brahimi, nouveau médiateur international pour la Syrie qui travaillera depuis New York, s'est dit "flatté, touché" mais aussi "effrayé" par la mission qui l'attend, lors d'un entretien avec le chef de l'ONU Ban Ki-moon, samedi 25 août.

La mission de l'ONU, chargée en avril de surveiller un cessez-le-feu jamais appliqué, a plié bagages après avoir dû interrompre ses patrouilles en juin face à la recrudescence des violences. Son chef, le général sénégalais Babacar Gaye, a quitté Damas samedi.

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