Syrie : les autorités ont exécuté le fondateur de l'armée dissidente

Des anciens soldats de l\'armée syrienne qui ont rejoint l\'armée libre dissidente manifestent le 29 janvier 2012 contre le président Al-Assad, près d\'Idlib. 
Des anciens soldats de l'armée syrienne qui ont rejoint l'armée libre dissidente manifestent le 29 janvier 2012 contre le président Al-Assad, près d'Idlib.  (REUTERS)

Des affrontemens lundi entre soldats dissidents et forces du président Bachar Al-Assad ont causé la morts de six agents de sécurité et treize civils. Les violences s'intensifient depuis vendredi.

Après un week-end sanglant, la violence ne se calme pas lundi 30 janvier. Armée dissidente et forces de Bachar Al-Assad s'affrontent dans plusieurs villes du pays. La Ligue syrienne des droits de l'homme (LSDH) a également annoncé que le fondateur de la première unité de militaires dissidents, l'officier Hussein Harmouche, a été exécuté la semaine dernière par les services de renseignement de l'air.  "La brigade des officiers libres", formée par Harmouche, n'a pas confirmé l'information.

Les violences continuent dans le sud du pays

L'armée du président affrontait lundi des soldats dissidents à Hirak, dans la province de Deraa (sud), berceau de la contestation contre le régime de Bachar Al-Assad, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Six agents de sécurité et au moins treize civils ont été tués, dont 9 dans la ville de Homs.

"Des soldats dissidents ont attaqué lundi un minibus transportant six agents de sécurité en route pour procéder à des arrestations à Hirak, tuant tous les passagers. Deux chars sont ensuite entrés dans la ville et ont ouvert le feu, tuant trois civils", a précisé cette organisation basée au Royaume-Uni. Un civil a été tué par des tirs aveugles à Saïda, dans la même région, selon la même source.

L'armée a repris l'est de la capitale

Les troupes syriennes sont entrées lundi dans la ville de Rankous, à 40 km au nord de Damas, qu'elles encerclaient depuis six jours, ont rapporté les militants. La capitale s'est elle-même trouvé plongée dans la violence dimanche. L'armée syrienne y a déployé environ 2 000 militaires en renfort pour reprendre les faubourgs est de la ville, tombés aux mains des insurgés. Ces derniers se sont inclinés après deux jours de bombardements et de combats.

"L'armée syrienne libre a effectué un repli tactique. Les forces du régime ont réoccupé les banlieues et ont commencé à aller de maison en maison pour arrêter des gens", a rapporté un activiste du mouvement insurgé, depuis la banlieue est de Damas. "Les chars sont entrés, mais ils ignorent où se trouve l'armée syrienne libre. Nous sommes toujours actifs près de Damas", a déclaré de Turquie un autre militant.

Sur la seule journée de dimanche, le bilan des violences dans le pays s'est élevé à 80 personnes tuées, dont la moitié sont des civils, selon l'OSDH. Le nombre de tués depuis vendredi atteint 175 personnes. Le ministre des Affaires Etrangères français, Alain Juppé, doit se rendre mardi aux Nations unies à New York pour tenter de convaincre le Conseil de sécurité de voter une résolution condamnant la répression des manifestations hostiles au régime. 

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