Les Occidentaux et les monarchies du Golfe retirent leurs ambassadeurs de Syrie

Manifestations contre le président syrien, Bachar Al-Assad, dans la ville de Hula, près de Homs, le 3 février 2012.
Manifestations contre le président syrien, Bachar Al-Assad, dans la ville de Hula, près de Homs, le 3 février 2012. (REUTERS)

L'ambassadeur de France à Damas (Syrie) est rappelé à Paris pour "consultations", indique le ministère des Affaires étrangères, mardi 7 février. Cette décision fait suite au veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU, samedi.

L'ambassadeur de France à Damas (Syrie), Eric Chevallier, est rappelé à Paris pour "consultations", indique le ministère des Affaires étrangères, mardi 7 février. Il avait déjà quitté la Syrie mi-novembre, également "pour consultations", après des violences ayant pris pour cibles les intérêts français dans ce pays. Eric Chevallier était retourné à Damas début décembre. Son nouveau retour dans l'Hexagone, décidé mardi, aura lieu "dans les prochains jours".

• Offensive diplomatique

Cette annonce fait suite au rappel par le Royaume-Uni (lundi) et l'Italie (mardi) de leurs ambassadeurs en Syrie après le veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU. Une décision prise "face à l'aggravation de la répression menée par le régime de Damas contre sa population", selon le Quai d'Orsay. Depuis onze mois, plus de 6 000 personnes ont trouvé la mort au cours des manifestations, selon les opposants syriens.

Mardi après-midi, les monarchies du Golfe ont à leur tour retiré leurs ambassadeurs de Syrie. Les Etats-Unis avaient, eux, annoncé la fermeture de leur ambassade lundi. 

La Turquie, pays voisin, compte pour sa part lancer une "nouvelle initiative" internationale après le blocage de la résolution à l'ONU, selon le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. "Nous allons lancer une nouvelle initiative avec des pays qui soutiennent le peuple et non le régime" syrien, a-t-il déclaré au Parlement, sans préciser quelle serait cette démarche. Il a condamné fermement l'attitude de Moscou et Pékin, affirmant que ce blocage était "un permis de tuer aux mains du tyran".

• Le chef de la diplomatie russe acclamé à Damas

"Merci la Russie ! Merci la Chine !" ont scandé au même moment des milliers de Syriens à Damas, acclamant le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en déplacement. Il a annoncé la tenue prochaine d'un référendum sur une nouvelle Constitution syrienne, dont la date sera fixée par Bachar Al-Assad.

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"Chaque dirigeant dans son pays doit assumer ses responsabilités", a déclaré Sergueï Lavrov au début de sa rencontre avec le président syrien. "Vous assumez la vôtre", a-t-il poursuivi en s'adressant à Al-Assad. Lundi, les Etats-Unis avaient émis l'espoir que l'émissaire russe fasse "bien comprendre au régime" combien il est "isolé".

•  Sur le terrain, des violences à Homs

Par ailleurs, à Homs, épicentre de la contestation syrienne, au moins 15 civils ont perdu la vie mardi dans des bombardements. Quatre militaires ont aussi été tués par un groupe de déserteurs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

Neuf civils, dont une femme, ont péri dans "des tirs, des bombardements et la tentative d'assaut sur le quartier de Khaldiyé", tandis que six civils sont morts dans des violences similaires à Baba Amr, un autre quartier. Par ailleurs, un adolescent de 15 ans a été tué non loin de la ville. La veille déjà, la ville de Homs avait été la cible de violents bombardements qui avaient fait près de cent victimes civiles, selon l'OSDH.

•  400 enfants tués depuis mars dernier

Au moins 400 enfants ont été tués depuis le début de la révolte, a indiqué mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). "Selon les chiffres dont nous disposons, décembre a été le mois le plus violent pour les enfants" en Syrie, a déclaré une porte-parole de l'Unicef. "En dix mois, au moins 400 autres ont été détenus", a-t-elle ajouté, déplorant des rapports "faisant état d'enfants arrêtés arbitrairement, torturés et abusés sexuellement lors de leur détention".

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