Après le massacre de Houla, Kofi Annan arrive en Syrie

Les dépouilles de dizaines de Syriens, tués dans le massacre de Houla (Syrie), sont disposés dans une morgue avant leur enterrement, le 26 mai 2012.
Les dépouilles de dizaines de Syriens, tués dans le massacre de Houla (Syrie), sont disposés dans une morgue avant leur enterrement, le 26 mai 2012. (SHAAM NEWS NETWORK / AFP)

Le bombardement de cette ville du centre de la Syrie a fait 108 morts vendredi, selon les observateurs de l'ONU. La France veut réunir à Paris le Groupe des pays amis du peuple syrien.

Les condamnations se multiplient après le massacre à Houla (Syrie) vendredi 25 mai, où les observateurs de l'ONU ont compté 108 morts, dont 49 enfants. Les Nations unies accusent Damas de violer le droit international et ses engagements. Paris, Londres et Berlin ont également dénoncé cette tuerie, sans toutefois relever l'appel lancé par l'Armée syrienne libre (ASL), composée en majorité de déserteurs, à mener des "raids aériens" contre le régime de Bachar Al-Assad. L'émissaire de l'ONU, Kofi Annan, est arrivé sur place lundi. Il va rencontrer dans la journée le ministre des Affaires étrangères, et doit être reçu mardi par le président syrien.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné samedi "dans les termes les plus forts la mort, confirmée par les observateurs de l'ONU, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants, selon Martin Nesirky, porte-parole de l'ONU. Ce crime révoltant et terrible, dans lequel la force a été utilisée de manière aveugle et disproportionnée, est une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes dans les villes et la violence quelle qu'elle soit."

Bombardements à l'artillerie lourde

A Damas, le général Robert Mood, chef des observateurs, a également condamné "cette tragédie brutale", ajoutant que des équipes poursuivaient le décompte sur place. Le général Mood n'a pas désigné de responsables mais a souligné que "les observateurs [avaient] confirmé (...) l'usage d'artillerie tirée depuis des chars". Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les bombardements ont débuté vendredi midi à la périphérie de Houla et se sont poursuivis jusqu'à samedi à l'aube. 

De son côté, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné l'"atrocité" du massacre et déclaré que Washington travaillerait avec ses alliés pour accroître la pression sur le président Bachar Al-Assad et ses "affidés", affirmant que leur "gouvernement par le meurtre et la peur devait se terminer". Elle a également affirmé que "ceux qui ont perpétré cette atrocité doivent être identifiés et doivent en rendre compte".

Réunion urgente de la Ligue arabe

"Je prends immédiatement des contacts pour réunir à Paris le Groupe des pays amis du peuple syrien", a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Son homologue britannique, William Hague, a souhaité "une réponse internationale forte" et annoncé son intention de demander une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU "dans les prochains jours". De son côté, le Conseil de coopération du Golfe a "dénoncé le massacre commis à Houla par les forces régulières syriennes", appelant la "communauté internationale à assumer ses responsabilités pour mette fin à l'effusion de sang en Syrie".

Les Emirats arabes unis ont pour leur part demandé une réunion urgente de la Ligue arabe alors qu'à Koweït, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade de Syrie pour réclamer d'armer l'ASL. Dimanche, le Koweït a lui aussi demandé, en sa qualité de président actuel de la Ligue arabe, de convoquer une réunion d'urgence de l'organisation sur la Syrie.

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