Le régime syrien contrôle la ville de Deraa, berceau de la révolte anti-Assad

Un soldat de l\'armée syrienne pose à côté d\'un drapeau du régime syrien à Deraa le 10 juillet 2018.
Un soldat de l'armée syrienne pose à côté d'un drapeau du régime syrien à Deraa le 10 juillet 2018. (OMAR SANADIKI / REUTERS)

Le président syrien a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou, pour faire plier les rebelles.

L'armée syrienne a hissé jeudi 13 juillet le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte contre Bachar al-Assad en 2011, un geste symbolique illustrant la nouvelle victoire engrangée par le régime et son allié russe.

Une nouvelle fois, le président syrien a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou, pour faire plier les rebelles dans cette province méridionale, un secteur sensible bordant la Jordanie et la ligne de démarcation avec Israël sur le plateau du Golan, en partie annexé par l'Etat hébreu.

Damas contrôle 60% du pays

Près de trois semaines après l'offensive lancée par le régime dans cette province, les factions insurgées ont été contraintes d'accepter le 6 juillet un accord dit de "réconciliation" négocié par la Russie, qui s'apparente en fait à une capitulation. Cet accord impose aux rebelles l'abandon de leur artillerie lourde et moyenne. Il prévoit aussi le retour des institutions étatiques dans les secteurs insurgés et le départ des combattants refusant de rester sous contrôle du régime vers la province d'Idleb qui échappe encore en grande partie aux forces d'Assad.

Mais le geste est pour l'instant "symbolique" a estimé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), en précisant que les procédures prévues par l'accord n'ont pas encore été entamées. "Les factions rebelles sont encore dans la ville de Deraa, celles qui veulent la réconciliation doivent encore abandonner leur artillerie, les procédures n'ont pas encore commencé", a déclaré le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane. Grâce au soutien militaire de ses alliés russe et iranien, Damas contrôle désormais plus de 60% du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts et des millions d'exilés. 

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