Bana, la fillette syrienne qui tweetait l'enfer d'Alep, a été évacuée de la ville

Bana Al-Abed, photographiée chez elle le 12 octobre 2016, à Alep-Est (Syrie).
Bana Al-Abed, photographiée chez elle le 12 octobre 2016, à Alep-Est (Syrie). (THAER MOHAMMED / AFP)

Bana Al-Abed, 7 ans et suivie par plus de 323 000 personnes sur Twitter, a été évacuée de la ville syrienne à la faveur de l'accord de cessez-le-feu. 

Bana Al-Abed est devenue célèbre pour ses tweets de l'enfer quotidien d'Alep, en Syrie. La fillette a été évacuée de la ville avec sa famille à la faveur de l'accord de cessez-le-feu, indiquent lundi 19 décembre des ONG. 

L'ONG humanitaire islamique turque IHH a annoncé sur son compte Twitter que Bana, âgée de 7 ans, avait "été évacuée ce matin d'Alep avec sa famille" et a publié une photo montrant la fillette, bonnet sur la tête, avec l'un de ses employés. 

"Elle faisait partie du premier groupe qui a été évacué ce matin et qui se trouve à présent dans la région de Rashidin", dans la campagne d'Alep, précise à l'AFP un porte-parole d'IHH.

Ahmad Tarakji, chef de l'ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) a lui aussi annoncé sur Twitter, photo à l'appui, l'évacuation de la fillette et son arrivée "avec de nombreux autres enfants" dans la campagne aleppine.

"Nous sommes tellement fatigués"

Depuis septembre, Bana Al-Abed (@AlabedBana) tweetait, avec l'aide de sa mère Fatemah, des tranches de vie d'Alep-Est, assiégé et bombardé par l'aviation du régime et de la Russie. Son compte est suivi par plus de 323 000 personnes. 

Dans l'un de ses derniers tweets, dimanche, Fatemah Al-Abed implorait le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, de faire en sorte que l'accord de cessez-le-feu parrainé par la Turquie et la Russie fonctionne pour que les habitants des quartiers rebelles puissent être évacués. "Nous sommes tellement fatigués", avait-elle écrit.

Mevlut Cavusoglu lui avait répondu sur Twitter : "Les difficultés sur le terrain ne vont pas nous dissuader, ma sœur. Sois assurée que nous faisons tout pour te mettre, toi et des milliers d'autres, en lieu sûr."