Idlib : l'ONU est "totalement ridicule" dans sa gestion du dossier syrien

De la fumée après un bombardement dans un village dans la région d\'Idlib en Syrie, le 7 septembre 2018. 
De la fumée après un bombardement dans un village dans la région d'Idlib en Syrie, le 7 septembre 2018.  (ANAS AL-DYAB / AFP)

Alors que l'ONU craint un "bain de sang" à Idlib, dernière poche de résistance au pouvoir en Syrie, le porte-parole de l'ONG Syria Charity fustige l'inaction de la communauté internationale. 

Alors que les États-Unis ont convoqué une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à propos de la situation à Idlib en Syrie, Mohammad Alolaiwy, fondateur et porte-parole de l’ONG Syria Charity a affirmé vendredi 6 septembre sur franceinfo, que l'ONU "montre son inefficacité totale à protéger la population civile syrienne qui subit un véritable drame humanitaire depuis maintenant plus de six ans". Selon lui, la gestion du dossier syrien par l'ONU est "totalement ridicule". 

La communauté internationale s'inquiète des conséquences d'un assaut miliaire imminent dans la province d'Idlib (dans le nord-ouest de la Syrie) qui pourrait créer un désastre humanitaire. De son côté, l'Iran, la Russie et la Turquie se retrouvent en sommet, vendredi 6 septembre à Téhéran, pour décider du sort de cette ultime poche de résistance des rebelles et jihadistes en Syrie.

franceinfo : Quelle est la situation à Idlid ?

Mohammad Alolaiwy : Les civils sont terrorisés. Ils ont extrêmement peur. Ils redoutent un scénario identique à ce qui s'est passé dans les autres provinces, notamment dans la Ghouta ou à Deraa, avec une offensive terrestre alliée à une vague de bombardements extrêmement violents. Mardi, la province d'Idlib a subi de nombreux bombardements par l'aviation militaire, probablement russe, qui ont fait au moins 17 morts.

D'où vient la population de la province d'Idlib ?

On a des gens qui sont bloqués dans une partie de ce pays. La Turquie, qui a accueilli entre 4 et 5 millions de personnes, ne veut plus et ne peut plus accueillir plus de réfugiés. Ces gens-là sont littéralement pris au piège. Ils n'ont nulle part où aller (...) Ils sont coincés dans cette province. Il y a la population initiale d'Idlib et il y a tous les flux de populations civiles qui ont fui la mort et les bombardements pour se retrouver finalement encore une fois confrontées à la violence des bombardements et des combats.

Votre ONG Syria Charity arrive-t-elle à aider la population ?

On a beaucoup de difficultés à travailler sur le terrain. Nos membres, nos secouristes, nos hôpitaux fonctionnent de manière dégradée pour plusieurs raisons. Les couloirs humanitaires sont inexistants et surtout ont subi de plein fouet les rivalités financières entre les banques qui font que les virements de la France vers la Turquie puis vers la Syrie sont retardés depuis plusieurs mois et cela nous affecte énormément. Aider la population syrienne est devenu quelque chose de répréhensible, c'est devenu un crime et nous avons toutes les difficultés à déployer nos programmes humanitaires en Syrie.

Qu'attendez-vous de la réunion du Conseil de sécurité initiée par les Etats-Unis ?

Malheureusement, on n'espère absolument rien. L'ONU montre son inefficacité totale à protéger cette population civile syrienne qui subit un véritable drame humanitaire depuis maintenant plus de six ans. Je me permettrais de la qualifier de totalement ridicule sur ce dossier syrien. Aujourd'hui, c'est Vladimir Poutine qui décide. C'est lui le maître à bord en Syrie. Lui et l'ayatollah Ali Khamenei, de l'Iran. Ce sont eux qui décident et qui font la pluie et le beau temps en Syrie

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