Gilles Jacquier aurait été victime d'une bavure des insurgés syriens

Gilles Jacquier, grand reporter à France 2, en Cisjordanie, le 9 avril 2002.
Gilles Jacquier, grand reporter à France 2, en Cisjordanie, le 9 avril 2002. (ODD ANDERSEN / AFP)

C'est ce qu'écrit "Le Figaro" dans un article publié ce soir sur son site, citant un responsable de la Ligue arabe et un dirigeant d'une organisation des droits de l'homme. L'armée syrienne libre dément.

De nouveaux éléments font surface sur le décès de Gilles Jacquier en Syrie, grand reporter à France 2. "Nous savons qu'il y a eu une bavure commise par l'Armée syrienne libre", a confié vendredi 20 janvier au Figaro un responsable de la Ligue arabe, confirmant les propos d'un dirigeant d'une organisation des droits de l'homme.

Le quotidien raconte qu'aussitôt après la mort du journaliste, mercredi 11 janvier, "un dirigeant d'une organisation des droits de l'homme [de la ville de Homs] a confié à un responsable de l'opposition syrienne en France qu'il s'agissait 'd'une grosse ânerie' commise par les adversaires de Bachar Al-Assad". Au téléphone, en arabe, il aurait évoqué une djahachaneh, "c'est-à-dire une grosse bourde de la part des opposants", explique le site du journal.

Les rebelles auraient été "poussés à la faute"

Mais ce n'est que le 20 janvier que Le Figaro fait part de cette information, après la confirmation d'un responsable de la Ligue arabe qui a commandité des recherches sur le terrain. Selon ce dirigeant, "l'Armée syrienne libre (ASL) a été poussée à la faute par les miliciens pro-Assad"."Nous savons que les tirs sont venus de Bab Sbah", un bastion de l'opposition, qui fait face à celui de Nouzha, peuplé d'alaouites pro-Bachar, où a été tué Gilles Jacquier. Même observation pour le photographe libanais Joseph Eid, de l'AFP. Dans l'enquête sur la mort du journaliste de France 2, diffusée jeudi soir dans "Envoyé spécial", il déclare : "pour moi, ces tirs venaient du quartier de Bab Sbah".

"Un premier obus est tombé sur un immeuble, raconte Joseph Eid, de l'AFP. Des manifestants pro-Assad nous ont suivis quand nous sommes allés vers cet immeuble", a déclaré Joseph Eid, qui était sur place. Jusqu'à maintenant, les images dont nous disposons sur l'attaque qui a coûté la vie à Gilles Jacquier sont celles-ci :

Impossible, selon les insurgés, car "nous n'avons pas les obus"

La représentation de l'ASL à Paris a "formellement démenti" les informations du Figaro et réitéré ses accusations contre le régime du président Bachar Al-Assad. "L'armée régulière d'Assad est bel et bien l'auteur de ce crime car seule son armée possède les obus [de mortier], a-t-elle assuré. Et pour leur part, les seules armes que détiennent les soldats de l'ASL pour assurer la protection des civils sont des armes de petits calibres comme les kalachnikovs et des RPG."