Trois fois où Donald Trump s'est opposé à une intervention américaine en Syrie

Donald Trump a annoncé une frappe américaine sur une base aérienne syrienne, depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, jeudi 7 avril 2017.
Donald Trump a annoncé une frappe américaine sur une base aérienne syrienne, depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, jeudi 7 avril 2017. (CARLOS BARRIA / REUTERS)

Dans plusieurs de ses tweets entre 2013 et 2014, le président américain a dénoncé la volonté de son prédécesseur, Barack Obama, d'intervenir directement en Syrie.

"Mon attitude envers la Syrie et Assad a beaucoup changé", a déclaré Donald Trump, au lendemain de l'attaque chimique de Khan Cheikhoun. En frappant militairement le régime syrien, jeudi 7 avril, le président américain a pris le contrepied de son prédécesseur Barack Obama qui, dans des circonstances similaires, avait reculé. Pourtant, en 2013, Donald Trump avait soutenu la décision de Barack Obama de ne pas répliquer militairement à une attaque au gaz sarin imputé au régime syrien. Une position qu'il avait lui-même longuement défendue sur Twitter. 

Quand il ne voulait pas intervenir en Syrie

En 2013, alors que le régime de Damas est accusé d'avoir mené une attaque chimique à Ghouta, dans la banlieue de Damas, Donald Trump enjoint publiquement Barack Obama de ne pas intervenir. A l'époque, l'homme d'affaires assure que les Etats-Unis ne doivent pas jouer le rôle de "gendarme du monde", et se montre hostile à toute forme d'interventionisme. "Ce que je dis, c'est de rester en dehors de la Syrie", écrit-il le 4 septembre 2013. "President Obama, n'attaquez pas la Syrie. Il n'y a aucun avantage et rien d'extraordinaire là-bas. Gardez votre 'poudre' pour un jour plus important !", dit-il trois jours plus tard. 

"Laissez la Ligue arabe s'occuper de la Syrie. Pourquoi ces riches pays arabes ne nous paieraient pas pour l'énorme coût d'une telle attaque ?"

Quand il dénonçait l'opposition syrienne

Pendant longtemps, Donald Trump a répété qu'il voulait diminuer l'engagement militaire, politique et économique des Etats-Unis au Moyen-Orient, rappelle Le MondeLe futur président des Etats-Unis critiquait alors ouvertement les rebelles opposés au régime de Bachar Al-Assad. "Nous devrions rester en dehors de la Syrie, les 'rebelles' sont aussi mauvais que le régime actuel. QU'ALLONS NOUS GAGNER POUR NOS VIES ET MILLIARDS ? ZERO", assure-t-il le 16 juin 2013. 

"Nombre de rebelles syriens sont des jihadistes islamistes radicaux qui tuent des chrétiens. Pourquoi devrions-nous nous battre à leurs côtés ?" interroge-t-il le 6 septembre 2013. Jeudi, la Coalition de l'opposition a salué la frappe et a appellé à la poursuite des bombardements.

Quand il voulait l'approbation du Congrès avant d'intervenir

En 2013, après le massacre de la Ghouta, Barack Obama se dit prêt à frapper l'armée syrienne. Londres et Paris, ses principaux alliés militaires occidentaux, soutiennent son discours de fermeté. Donald Trump met alors en garde le président contre toute intervention militaire rapide, qui n'obtiendrait pas au préalable l'autorisation du Congrès.

"Qu'allons nous avoir en bombardant la Syrie hormis plus de dette et un possible conflit sur le long terme ? Obama a besoin de l'accord du Congrès", twitte-t-il le 29 août 2013. "Le président doit obtenir l'accord du Congrès avant d'attaquer la Syrie – énorme erreur s'il ne le fait pas", dit-il le lendemain.

Jeudi, de nombreux élus ont apporté leur soutien à la décision de Donald Trump de frapper la base de Shayrat, malgré la non-consultation préalable du Congrès. "Le président doit obtenir une autorisation du Congrès pour toute action militaire, comme la Constitution le stipule", a souligné le sénateur Rand Paul, sur Le Monde.

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