Comment la position américaine sur la Syrie a évolué depuis 2011

Donald Trump, le président des Etats-Unis, délivre un discours sur la Syrie, le 6 avril 2017 à  West Palm Beach, Floride (Etats-Unis).
Donald Trump, le président des Etats-Unis, délivre un discours sur la Syrie, le 6 avril 2017 à  West Palm Beach, Floride (Etats-Unis). (JIM WATSON / AFP)

Après la volte-face de Donald Trump sur la Syrie, Franceinfo liste les changements de position des Etats-Unis sur ce conflit qui déchire le pays depuis 2011.

Six ans de guerre, deux présidents et des revirements incessants. Depuis le début du conflit syrien en 2011, la position diplomatique des Etats-Unis vis-à-vis du régime de Bachar Al-Assad a évolué, entre messages offensifs et prises de distance. Dernier coup d'éclat de ces relations troubles, des missiles américains ont frappé une base aérienne syrienne près de Homs, dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 avril, sur ordre de Donald Trump, en réaction à une attaque chimique attribuée au régime. Franceinfo revient sur l'évolution de la position américaine vis-à-vis de la Syrie.

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2011 : premières sanctions contre le régime syrien

En mars 2011, des manifestations demandant le départ du président syrien Bachar Al-Assad sont réprimées par le régime. Un mois après, les Etats-Unis et l'Union européenne prennent les premières sanctions économiques contre des responsables du régime de Damas.

Mi-mai, Barack Obama appelle pour la première fois Bachar Al-Assad à mener la transition démocratique ou à se retirer. Dans le même temps, le président américain et ses alliés européens décident de sanctions contre le dirigeant syrien. En octobre, Washington rappelle son ambassadeur à Damas, Robert Ford, pour "raisons de sécurité". 

 2012 : la "ligne rouge" des armes chimiques

En août 2012, Barack Obama prévient que l'utilisation d'armes chimiques dans le conflit syrien est "une ligne rouge" aux "conséquences énormes". En juillet 2012, le régime de Damas avait reconnu disposer d'un arsenal chimique, tout en précisant qu'il ne serait pas utilisé contre ses propres citoyens. Six mois plus tard, le président américain avait réitéré ses menaces en cas d'emploi d'armes chimiques contre la population, le qualifiant d'"erreur tragique" qui aurait des "conséquences".

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2013 : le renoncement

Fin août 2013, après une nouvelle attaque chimique menée dans la banlieue de Damas, Barack Obama se prépare à frapper la Syrie. Mais le 31 août, il renonce à la dernière minute à bombarder des infrastructures du régime, laissant la décision à un Congrès qu'il sait hostile à un tel engagement. En France, après la défection américaine, François Hollande, qui se disait prêt à "punir" les auteurs de l'attaque chimique, rappelle finalement les Rafale qui étaient parés à décoller.

2014 : premiers raids contre le groupe Etat islamique

En septembre 2014, l'armée américaine et la coalition internationale mènent pour la première fois des frappes aériennes en Syrie contre l'Etat islamiqueLe président syrien Bachar Al-Assad affirme, après les frappes, que son pays soutient tout "effort international" visant à lutter contre le terrorisme.

2015 et 2016 : espoirs de trêve et de transition démocratique

Pendant cette période, les Etats-Unis infléchissent leur discours concernant le président syrien. Alors que son départ était jusque-là un préalable aux négociations, ils misent désormais sur les élections pour pousser Bachar Al-Assad à quitter le pouvoir.

Plusieurs tentatives de trêves entre Damas et les rebelles ont lieu, soutenues par la communauté internationale. Mais en septembre 2016, le ton monte entre les Etats-Unis et la Russie, alliée du régime syrien, accusée de ne pas respecter le cessez-le-feu. Le statu quo perdure et Assad continue de progresser face à la rébellion, reprenant notamment par la force le contrôle d'Alep en décembre 2016, une perte cruciale pour les rebelles.

2017 : la volte-face de Trump

En 2013, Donald Trump avait critiqué les intentions belliqueuses de Barack Obama, exigeant un vote du Congrès sur la question de l'engagement américain en Syrie, et craignant sur Twitter le coût financier d'un "possible conflit de long terme". Trois ans plus tard, pendant sa campagne pour la présidence, le milliardaire déclare qu'Assad était un "sale type" dans une interview accordée au New York Times (en anglais), mais qu'il est préférable de faire front commun avec Damas et Moscou dans la lutte contre les jihadistes.

A peine plus de deux mois après son investiture, vendredi 7 avril, le nouveau locataire de la Maison Blanche change totalement de pied. En réaction à l'attaque chimique qui a fait 86 morts dans le village de Khan Cheikhoun au sud de la région d'Idleb, Donald Trump ordonne le bombardement de la base aérienne syrienne de Shayrat, près de Homs. "Il est dans l'intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis de prévenir et dissuader la propagation et l'usage d'armes chimiques mortelles", a justifié le président américain. "Ce soir, j'appelle toutes les Nations civilisées à nous rejoindre pour chercher à mettre fin au massacre et au bain de sang en Syrie et également à mettre fin aux terrorismes de tous types", a-t-il ajouté.

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