DOCUMENT FRANCEINFO. Bachar Al-Assad : "Nous sommes prêts à tout négocier" à Astana fin janvier

Le président syrien Bachar Al-Assad, ici en février 2016, s\'est exprimé auprès de trois médias français dont franceinfo, sur le futur de la Syrie lors de la conférence de paix prévue à Astana, fin janvier. 
Le président syrien Bachar Al-Assad, ici en février 2016, s'est exprimé auprès de trois médias français dont franceinfo, sur le futur de la Syrie lors de la conférence de paix prévue à Astana, fin janvier.  (JOSEPH EID / AFP)

Le président syrien a accordé dimanche une interview à trois médias français, dont franceinfo. Bachar Al-Assad est notamment revenu sur les négociations de paix, fin janvier à Astana au Kazakhstan, et sur son avenir en tant que président.

"Nous sommes prêts à tout négocier", a déclaré le président syrien Bachar Al-Assad dans une interview accordée dimanche 8 janvier à trois médias français, dont franceinfo. Des négociations de paix sont prévues fin janvier à Astana au Kazakhstan. Ces pourparlers visent à mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.

ALICE SERRANO / GILLES GALLINARO / FRANCEINFO

Al-Assad réclame une "vraie opposition" syrienne

Selon Bachar Al-Assad, "le succès" des négociations "dépendra" toutefois de l'opposition syrienne. "Nous sommes prêts à tout négocier : la fin du conflit, le futur de la Syrie... Tout est ouvert. Mais on ne sait pas encore qui représentera l’autre partie", a souligné le président syrien. "Est-ce que ce sera la vraie opposition syrienne ? Quand je dis 'vraie', cela veut dire l'opposition locale, pas l'opposition saoudienne, française, ou britannique… Cela doit être une opposition syrienne pour discuter des problèmes syriens", a martelé Bachar Al-Assad.

Sur son avenir à la tête de la Syrie, le chef de l'État a expliqué que c'était au peuple de décider et non à la réunion d'Astana : "Mon statut est lié à la Constitution. Et elle n'est pas la propriété du gouvernement, ni celle du président, ni celle de l'opposition. Elle appartient au peuple syrien. Donc s'ils veulent changer de Constitution, il faut un référendum", a souligné Bachar Al-Assad.

Quid du cessez-le-feu en Syrie ? 

D'ici là, le président syrien insiste sur le fait que la trêve devra être respectée "par toutes les parties", afin que les pourparlers de paix aboutissent. Un cessez-le-feu a été décrété le 30 décembre dernier en Syrie mais les groupes "Al-Nosra et État islamique en sont exclus", a précisé Bachar Al-Assad. "Un cessez-le-feu viable, c'est quand toutes les parties stoppent le combat et les tirs. Et ce n'est pas le cas dans de nombreuses régions de Syrie." Le régime accuse notamment Al-Nosra de couper le réseau d'approvisionnement en eau potable vers la capitale Damas.

Cette interview de Bachar Al-Assad est la première qu'il accorde à des médias français depuis la reprise totale d'Alep par le régime fin décembre. Le président syrien a également rencontré dimanche trois députés français, dont Thierry Mariani (Les Républicains), Nicolas Dhuicq (LR) et Jean Lassalle (ex-MoDem).